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Migration

Les ex-soldats de Mobutu expulsés de Brazzaville

De nombreux Congolais, en particulier des ex-soldats de Mobutu, sont venus trouver refuge au Congo-Brazzaville. Mais après avoir perdu leur statut de réfugié, ils craigent d'être arrêtés et renvoyés en RDC.

Écouter l'audio 01:58

"Nous sommes surpris que cette opération puisse être relancée" (ADHUC)

Plusieurs demandeurs d'asile de RDC, notamment les exilés politiques et les ex-soldats de Mobutu en situation de sans-papiers à Brazzaville font l'objet depuis quelques semaines d'arrestations par la police. Une ONG locale signale des cas d'expulsions vers Kinshasa. Ces réfugiés craignent à présent la relance de l'opération "Mbata ya Bakolo".

C'est l'Association pour les droits de l'homme et l'univers carcéral (ADHUC) qui a alerté l'opinion sur cette situation. Plusieurs cas d'arrestations sont enregistrés chaque semaine dans les milieux de demandeurs d'asile de RDC, selon l'ADHUC, qui signale en plus deux cas d'expulsions vers Kinshasa. "Ils sont plus de 1500 concernés par ce dossier, d'après les statistiques établies lors de notre dernière réunion avec eux. Nous avons ensuite écrit aux autorités leur demandant d'examiner sérieusement la situation de ces personnes. Mais nous sommes surpris que la police relance cette opération", indique Loamba Moke qui suspecte les agents du ministère des Affaires étrangères d'avoir utilisé les informations de l'ONG pour traquer les demandeurs d'asile de RDC.

Corruption de la police

Demokratische Republik Kongo Leopoldsville Kinshasa Joseph Mobutu 1965 (picture-alliance/dpa)

Les réfugiés ont commencé à arriver à Brazzaville en 1997, lorsque Mobutu a été chassé du pouvoir

Les victimes se plaignent de ce que l'opération ne s'arrête pas. Ils sont arrêtés dans les commissariats de police et sont obligés de payer de l'argent pour être libérés, avant d'être à nouveau repris par la police. "J'ai été conduit au commissariat central avec plusieurs autres compatriotes. J'ai pu être libéré parce que ma femme a payé 50.000 francs CFA au chef du commissariat qui nous demandait 100.000 francs CFA", témoigne un autre demandeur d'asile.

Ces ressortissants de RDC redoutent la reprise en ce mois de mars de l'opération "Mbata ya Bakolo" organisée en 2014 et qui a permis à la police de Brazzaville d'expulser des centaines de sans-papiers vers Kinshasa. Mais les demandeurs d'asile n'avaient pas été concernés par cette opération, malgré leurs documents expirés et non renouvelés. Il s'agit en fait en majorité des exilés politiques et des ex-soldats de feu maréchal Mobutu, qui craignent pour leur vie en cas d'un retour à Kinshasa.

Ces réfugiés ont commencé à arriver à Brazzaville à partir de 1997 grâce aux soins du Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR). Mais l'agence onusienne ne gère plus ces cas depuis 2004, date à laquelle le gouvernement de Brazzaville a décidé d'attribuer lui-même le statut à ces réfugiés particuliers.

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