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Europe

Les Européens empêtrés dans le scandale de la NSA

Berlin et Londres adoptent une attitude ambivalente, partagés entre une irritation officielle et une réticence à modifier la législation sur le contrôle des communications électroniques.

German Chancellor Angela Merkel holds a BlackBerry Z10 smartphone featuring high security Secusite software, used for governmental communication, at the booth of Secusmart during her opening tour at the CeBit computer fair in Hanover in this March 5, 2013 file photo. As a diplomatic row rages between the United States and Europe over spying accusations, state-backed Deutsche Telekom wants German communications companies to cooperate to shield local internet traffic from foreign intelligence services. Yet the nascent effort, which took on new urgency after Germany said on October 23, 2013 that it had evidence that Merkel's mobile phone had been monitored, faces an uphill battle if it is to be more than a marketing gimmick. Picture taken March 5, 2013. REUTERS/Fabrizio Bensch/Files (GERMANY - Tags: BUSINESS SCIENCE TECHNOLOGY POLITICS)

La chancelière Angela Merkel avec un BlackBerry

Qui a fait quoi à qui ? Voici en gros la formule qui pourrait résumer où nous en sommes dans le scandale des écoutes massives réalisées par la NSA, l'agence Nationale de Sécurité Américaine. Les chiffres évoqués sont gigantesques : des centaines de millions d'appels téléphoniques et de mails interceptés au cours des dernières années. Personne à vrai dire ne connait les montants précis et pour cause, tout cela est extrêmement secret. Ce qui l'est moins en revanche, secret, concerne une écoute en particulier : celle du téléphone portable de la chancelière allemande Angela Merkel.

Après avoir tout d'abord tenté de nier l'existence de cette écoute du portable de la chancelière, le général Keith Alexander, le chef de la NSA, aurait admis finalement son existence lors de la visite cette semaine d'une délégation du parlement européen. Une information du moins relayée par l'eurodéputé Elmar Brok. Mais cela c'était pour la première manche. La seconde a débuté maintenant avec une défense assez classique de la NSA. En effet, le général Alexander a expliqué que les journalistes n'avaient rien compris. En fait, les millions d'informations reçues par la NSA auraient été pour partie livrées par les services secrets européens, Français, Allemands, Italiens ou Espagnols. Bizarrement les Britanniques n'ont pas été mentionnés comme si cela n'était pas nécessaire, comme si cela était évident.

This undated photo provided by Google shows a Google data center in Hamina, Finland. The Washington Post is reporting Wednesday, Oct. 30, 2013, that the National Security Agency has secretly broken into the main communications links that connect Yahoo and Google data centers around the world. The Post cites documents obtained from former NSA contractor Edward Snowden and interviews with officials. (AP Photo/Google)

Cetre de données de Google en Finlande

La base du travail des services secrets

Voilà donc où nous en sommes : tout le monde espionne tout le monde – ce que nous voulons bien admettre – et finalement les Américains n'ont fait qu'améliorer et porter à une dimension inégalée ce que leurs collègues réalisent avec plus d'amateurisme. Malgré tout, sans doute tout le monde savait. Si on en croit encore une fois le général Alexander, espionner les politiques étrangers, même alliés, fait partie du mode basique de travail des services secrets. S'il dit vrai, alors oui, les Européens feraient semblant de s'offusquer en constatant qu'ils ont été écoutés.

L'attitude du gouvernement allemand est sur ce point consternant du point de vue de son ambivalence. Après s'être irrité de l'affaire des écoutes, Berlin serait en fait tout à fait disposé, avec les Britanniques d'ailleurs, à repousser autant que possible, par exemple jusqu'en 2015, l'entrée en vigueur d'une loi régulant le transfert de données. Cette régulation est en cours de négociation sous l'impulsion du Parlement européen. Mais en dépit du scandale de la NSA, Berlin et Londres ne semblent pas presser de contrôler les informations que des firmes comme Google ou Yahoo transmettent aux services secrets américains. Cela ne pourrait que nuire au travail de leurs propres services secrets. Autant dire que toute cette histoire est peut-être, encore une fois, beaucoup de bruit pour rien.