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Europe

Les Berlinois mobilisés pour sauver l'Eglise du Souvenir

Il ne reste plus grand chose de la Gedächtniskirche de Berlin : une tour, un clocher tronqué... c'est tout, le reste a été détruit pendant les bombardements de la Seconde guerre mondiale. Mais l'Église du Souvenir a beau être une ruine, elle n'en est pas moins un symbole fort et vivant de la capitale allemande et de son histoire. Or, le symbole tombe peu à peu en miettes, victime des intempéries et de la pollution. Pour sauver leur «dent creuse», les Berlinois doivent réunir un peu plus de 3 millions d'euros.

L'Église du souvenir, une figure importante du patrimoine berlinois. Mais pour combien de temps encore ?

L'Église du souvenir, une figure importante du patrimoine berlinois. Mais pour combien de temps encore ?

Un reportage signé Sophie Grènery pour la Deutsche Welle.

A chaque heure pleine, le carillon de la Gedächtniskirche entame sa petite musique... Inlassablement, depuis 45 ans. Pourtant il y a de l’essoufflement dans l’air. Pour s’en rendre compte, il suffit de lever les yeux vers le clocher et d’en faire le tour. Sur les quatre parois, les quatre cadrans indiquent quatre heures différentes.

Autrement dit s’il ne veut pas arriver en retard à la célébration de ses offices, Martin Germer, le pasteur de l’église doit s’en remettre à une montre un peu plus fiable :

"Le jeu d’engrenage dont dépendent les aiguilles ne fonctionne plus très bien. Il y a des faux contacts. Un horloger passe régulièrement pour remettre le pendulier à l’heure... Mais au bout de quelques jours, le système se dérègle de nouveau."

L’Église du souvenir est mal en point. Le dérèglement de l’horloge en est le signe le plus visible... mais pas forcément le plus grave. Martin Germer est bien plus inquiet encore pour la substance même de la vieille Tour. Au printemps dernier, deux études ont mis en évidence les multiples fissures qui parcourent la pierre, notamment sur la façade orientale, celle qui a été mise à nue par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale :

"Nous nous trouvons sur la façade Est de la Gedächtniskirche, à l’endroit même où débutait autrefois le vaisseau central de l’église. Les parois que vous avez devant vous n’ont pas été construites dans l’optique d’être un jour exposées à l’air libre. A force d’être soumises aux intempéries, les pierres de grès sont parcourues par d’innombrables fissures... qui se remplissent d’eau quand il pleut. S’il y a un coup de gel, cela aggrave les fissures. A terme, cela peut faire éclater la pierre. C’est ce que nous voulons empêcher."

Pour remettre en état la dent creuse, Martin Germer a fait les comptes : il lui faut trouver un peu plus de trois millions d’euros. Et c’est là que les ennuis commencent : l’Église évangélique de Berlin Brandebourg qui doit s’occuper des quelque 1.500 églises de la région n’est pas capable de fournir une telle somme. Martin Germer ne peut pas plus compter sur la solvabilité de la fondation, propriétaire des lieux, que sur la générosité de la famille Hohenzollern... même si à l’origine, l’église fut construite pour honorer l’empereur Guillaume 1er, vainqueur des Français à Sedan :

"Les Hohenzollern ... je doute qu’aujourd’hui ils aient vraiment les moyens d’apporter une telle somme. Quant à la fondation, qui a été créée il y a à peu près un siècle – justement pour gérer cette église .... elle a été ruinée par l’inflation qui a suivi la première Guerre mondiale... et depuis cette fondation n’a plus la moindre fortune."

Martin Germer n’a donc pas d’autre choix : pour réunir les 3 millions d’euros nécessaires à la restauration, il doit s’en remettre au bon peuple. Heureusement les Berlinois ont une certaine affection pour cette ruine, qu’ils ont déjà sauvé une première fois in extremis : c’était à la fin des années cinquante, ils avaient fait reculer l’architecte qui voulait démolir la Tour pour reconstruire une nouvelle église au même endroit.

Aujourd’hui l’attachement des Berlinois pour la Gedächtniskirche est encore bien palpable :

"Quand je suis arrivé à Berlin, il y avait justement la discussion de savoir si on allait démolir la Tour qui avait survécu aux bombardements. On peut dire qu’on a tous été contents qu’elle reste en place . Pour Berlin, elle symbolise la destruction... puis la reconstruction."

"Je trouve que c’est une belle église... quand je la regarde, je pense souvent à ma grand-mère qui a souffert pendant la guerre . La vieille Tour symbolise exactement ce que les gens ont vécu : les blessures de la vie...et la renaissance . On le sent de façon particulièrement forte devant cette église."

La campagne de dons vient d’être lancée par un concert joué dans la chapelle attenante. La mairie veut désormais prendre en charge la moitié du coût des travaux. Les entreprises, le club de foot de la ville aussi promettent de se montrer généreux. Les Berlinois sont appelés à en faire autant et en principe, leur dent creuse ne devrait plus poser problème.

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