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Vu d'Allemagne

Les banquiers, ces « fossoyeurs »

En Une des journaux allemands, l'amende exceptionnelle de 1,7 milliard d'euros infligée par la Commission européenne à six banques, dont la Deutsche Bank, pour entente illicite sur les taux d'intérêt de référence.

La Süddeutsche Zeitung ne cache pas son dégoût. Pas un jour ou presque ne passe sans mauvaise nouvelle en provenance du monde de la finance. Entre les razzias et les amendes records infligées aux grandes banques, les faits sont tellement énormes qu'on ne peut plus parler de dérapage mais bien d'irresponsabilité généralisée. Les flambeurs des places financières discréditent le secteur bancaire tout entier. Et les banquiers sont en bonne voie de devenir les fossoyeurs d'un système économique qui a pourtant créé croissance et prospérité.

Même écho dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung pour qui les banques sont en train de perdre tout leur crédit, dans le sens propre du terme. Un système bancaire en lequel on ne peut plus avoir confiance ne remplit plus sa mission. L'amende de 1,7 milliard d'euros infligée par la Commission européenne pour manipulation de taux d'intérêts est loin d'être un cas isolé. On ne sait plus où commence la liste des scandales et où elle finira. Au final, ce sont les actionnaires et les propriétaires qui payent les amendes, mais de nombreux employés honnêtes payent, eux, le prix de la mauvaise réputation.

Le secteur bancaire n'a rien changé à ses habitudes depuis la crise financière de 2008

Le secteur bancaire n'a rien changé à ses habitudes depuis la crise financière de 2008

Apparemment, les principales valeurs de référence par rapport auxquelles les banques orientent leurs affaires sont manipulées depuis les années 1980, constate die tageszeitung. Entre les taux interbancaires Libor et Euribor, les cours de l'or et du pétrole ou encore les taux de change des devises, tous sont concernés. Pour la taz, les gouvernements et les autorités de surveillance ont aussi leur part de responsabilité. Étant donné qu'ils ont, pendant des décenies, détourné les yeux quand une poignée de banques fixait toute seule le cours de l'or, ils ne devraient pas s'étonner de ces manipulations. Si on peut tirer un enseignement de ce nouveau scandale, c'est que laisser le "marché" exercer en quasi-dieu est une œuvre diabolique.

La Cellesche Zeitung met en garde ceux qui réclament une nationalisation immédiate des banques frauduleuses. La Royal Bank of Scotland, par exemple, qui doit payer à elle seule une amende de 391 millions d'euros, appartient depuis des années à plus de 80 % à l'État britannique... La Hannoversche Allgemeine Zeitung résume : le dommage financier sera plus facile à réparer que le dommage moral. Il faudra des années pour que de l'herbe pousse sur toutes ces affaires.

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