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Vu d'Allemagne

Les Allemands aux pieds des Chinois

Les éditorialistes voient d’un mauvais œil la rencontre à Berlin entre le premier ministre chinois Wen Jiabao et la chancelière Angela Merkel. Les deux pays ont signé de gros contrats à hauteur de 10 milliards d'euros.

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Des manifestants ont accueilli Wen Jiabao aux cris de "Liberté pour le Tibet"

Pour commencer, une caricature de la Süddeutsche Zeitung qui résume bien la situation : on peut y voir une Angela Merkel satisfaite qui observe un Wen Jiabao tout content, hissé sur un rouleau compresseur que s'apprête à lui vendre l'Allemagne. Le premier ministre chinois s'exclame : « très bonne machine ! », tout en écrasant un papier étalé sur le sol, sur lequel on peut lire « droits de l'homme ». Certes, note la Süddeutsche Zeitung, la chancelière allemande a abordé hier la question qui fâche, mais le dirigeant chinois a, comme par hasard, eu un problème technique avec son casque de traduction à ce moment-là. La visite de Wen Jiabao était digne d'une visite impériale, poursuit le journal. La Chine sait qu'elle est une toute puissance, elle sait qu'elle a un porte-monnaie inépuisable, elle sait aussi que les pays européens cherchent à vendre leurs avions, leurs voitures, leurs trains, etc…

Angela Merkel und Wen Jiabao in Berlin

Les consultations gouvernementales germano-chinoises sont une première

Die tageszeitung est beaucoup plus critique envers le gouvernement allemand. Berlin a caressé Pékin dans le sens du poil, ce rapprochement est pour le moins étonnant : oubliée la triste réalité chinoise, la censure, l'espionnage et la répression des opposants ! Le journal déplore que les dirigeants allemands n'aient vu en la Chine qu'un partenaire commercial, un acheteur idéal pour leurs avions. Le chef de la diplomatie allemande Guido Westerwelle a même affirmé qu'à l'avenir, aucun problème du monde ne pourra plus être résolu sans Pékin. Quelle grossière erreur, s'exclame die taz ! Nous lançons ainsi un mauvais signal à la Chine, c'est comme si nous lui disions : jetez autant d'opposants que vous voulez en prison, nous continuerons à vous respecter !

Pour la Frankfurter Allgemeine Zeitung, il n'y a pas de quoi se réjouir d'avoir signé de gros contrats commerciaux : en réalité, nous sommes en train de perdre notre indépendance politique. Le journal note que la Chine est déjà présente en Afrique, où elle a déjà la main sur les matières premières. Pékin investit beaucoup sur le continent africain, peu importe les régimes au pouvoir. Maintenant, cap sur l'Europe. Après la grave crise économique, les Européens sont bien contents de voir les Chinois débarquer avec leurs carnets de chèques pour racheter leurs emprunts d'Etat. Mais rien de tout ça n'est gratuit, soupire la F.A.Z. La Chine gagne ainsi en influence politique. Quant aux Européens, il leur sera de plus en plus difficile d'élever le ton sur des sujets politiques…

Auteur : Cécile Leclerc
Edition : Mireille Dronne

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