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Vu d'Allemagne

Lendemains amers en Égypte

La situation en Égypte continue de faire la Une des quotidiens en Allemagne, après la répression sanglante des manifestations pro-Morsi mercredi et la condamnation hésitante du président américain Barack Obama.

Officiellement, au moins 578 personnes sont mortes mercredi. Les Frères musulmans parlent de plusieurs milliers.

Officiellement, au moins 578 personnes sont mortes mercredi. Les Frères musulmans parlent de plusieurs milliers.

L'Égypte compte ses morts et ses blessés, écrit Die Welt. Des centaines, des milliers, qui sont autant de preuves accablantes d'un usage disproportionné de la force par l'armée égyptienne. Des églises brûlent et des chrétiens sont pourchassés dans l'agitation qui accompagne la foule d'islamistes fanatiques. Celle-ci semble foncer droit vers la mort avec fatalisme, au nom du rétablissement de « son » président Morsi.

Les partisans du président renversé le 3 juillet continuent de protester, malgré les morts

Les partisans du président renversé le 3 juillet continuent de protester, malgré les morts

Où tout cela mène-t-il donc ? s'interroge le quotidien. Les morts de part et d'autre creusent encore plus le fossé au sein de la société égyptienne. Le printemps de la Place Tahrir s'est transformé en automne mortel. En vérité, l'Égypte n'est pas mûre pour un nouveau départ qui respecterait les objectifs de la révolution. Il manque une maturité visionnaire aux Égyptiens et à leurs dirigeants.

À bien des égards, l'Égypte en est revenue au stade d'avant la chute de Hosni Moubarak, estime la Süddeutsche Zeitung. Tout y est : l'état d'urgence, le pouvoir militaire et l'ennemi l'intérieur. L'Égypte va de crise en crise. Le pays, jadis attaché à son rôle de modèle dans la région, est devenu un facteur de risque. Personne ne semble avoir intérêt au compromis et à la démocratie. Des deux côtés, le degré d'inhumanité atteint des proportions remarquables...

Le massacre de mercredi n'est pas seulement une catastrophe pour l'Égypte, affirme die tageszeitung. Cette journée signe aussi l'échec officiel de la politique égyptienne des États-Unis. La courte déclaration de Barack Obama, depuis son lieu de vacances, un jour après les événements, le confirme.

Barack Obama a annoncé la suspension de manœuvres prévues dans le Sinaï, mais pas celle de l'aide militaire américaine

Barack Obama a annoncé la suspension de manœuvres prévues dans le Sinaï, mais pas celle de l'aide militaire américaine

Washington ne sait plus sur quel pied danser depuis le putsch militaire du 3 juillet, que le gouvernement américain n'a jamais reconnu comme tel. Pire encore : on peut considérer que le chef de la diplomatie John Kerry a le sang des Égyptiens sur les mains, lui qui avait il y a quelques semaines salué l'armée égyptienne pour avoir "rétabli la démocratie".

Le gouvernement américain avait maintes fois appelé les dirigeants égyptiens à la retenue et au respect des droits des citoyens, rappelle la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Mais ceux-ci n'ont pas tenu compte des mises en garde. La voix de Washington, résume le quotidien, est devenue tout aussi insignifiante en Égypte que celle des Européens.

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