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Élections législatives 2013

Le vote des Allemands d'origine étrangère

Plus de 5 millions d'Allemands d'origine étrangère ont le droit de vote. Voteront-ils et pour qui? Cela dépend le plus souvent de leur biographie migratoire.

Berlin et lui, c'est une véritable relation d'amour, assure Juan Diaz en souriant. C'est pourquoi il a choisi de venir vivre dans la capitale allemande. D'emblée, il s'est senti comme un poisson dans l'eau dans cette ville animée et multinationale. Juan Diaz est citoyen américain, ses parents sont cubains, anti-castristes exilés à Miami, en Floride. «Bref, mon identité est un peu complexe » résume-t-il. D'autant que depuis sept années maintenant, il est aussi détenteur d'un passeport allemand. «J'ai demandé ce passeport, parce que je voulais avoir le droit de participer à la vie politique, de décider aussi à mon échelle qui sera représenté au Bundestag et qui deviendra chancelier ou chancelière.»

Plusieurs millions de personnes concernées

Selon les derniers chiffres publiés en 2011 par l'Office Fédéral des Statistiques, pas moins de 16 millions de personnes comme Juan Diaz vivent en Allemagne. Des personnes d'origine étrangère, dont les parents, les grands-parents ou eux-mêmes ont quitté leur pays d'origine pour vivre en Allemagne. Une grande partie d'entre elles sont soit trop jeunes pour voter, soit elles ne possèdent pas la nationalité allemande. Car seuls les détenteurs d'un passeport allemand ont le droit de vote. Une exception à cette règle: les citoyens issus de l'un des 28 états de l'Union européenne, qui, eux, ont le droit de voter lors des élections municipales et européennes. Toutefois, ils ne peuvent pas voter aux élections législatives.

Selon les données de l'Office Fédéral des Statistiques, environ un tiers des personnes d'origine étrangère en Allemagne - soit un peu plus de cinq millions - auront le droit de voter le 22 septembre. Leur nombre augmente régulièrement: en 2011, plus de 100 000 personnes ont obtenu la citoyenneté allemande.

Ankunft Aussiedler Entwicklung der Migration nach Deutschland

Immigrés d'origne allemande à leur arrivée à l'aéroport de Schönefeld à Berlin

Les préférences politiques varient selon les pays d'origine

Mais sur ces cinq millions d'Allemands d'origine étrangère, tous n'iront pas voter: selon une étude de l'Office Fédéral des Migrations réalisée en 2012, la participation électorale des nouveaux citoyens allemands est en moyenne moins élevée (72,3%) que chez les Allemands de souche. (81,5%).

Environ un tiers de ces électeurs ne vont donc pas voter. Un fait que l'Allemand américano-cubain ne comprend pas : « Je me réjouis, chaque fois que je reçois ma carte d'électeur dans ma boîte aux lettres ! ». Le droit de vote est un droit fondamental précieux auquel il ne veut pas renoncer. Même si, en tant que médiateur de conflits, Juan Diaz est régulièrement en déplacement dans les pays des Balkans, auquel cas il vote par correspondance.

Les Allemands issus de l'immigration donnent souvent leurs voix aux deux grands partis, le SPD au centre-gauche ou la CDU/CSU à droite. La chercheuse Ingrid Tucci de l'Institut allemand de Recherche Economique a analysé la fidélité des immigrés à un parti. Elle a constaté que les personnes venues d'Europe du Sud et de Yougoslavie dans les années 1950 et 1960, à la demande de l'Allemagne, comme travailleurs immigrés, votent plutôt pour le parti social - démocrate. Ces immigrés font dans l'ensemble partie du milieu ouvrier traditionnel. Mais parmi les « Spätaussiedlern », (les immigrés tardifs), c'est-à-dire les migrants venus d'Europe de l'Est et de l'ex-Union soviétique, d'ascendance allemande, et immigrés après la fin de la Guerre Froide, le plus grand nombre vote plutôt pour la CDU/CSU.

Ingrid Tucci du DIW

Ingrid Tucci du DIW

Différentes expériences migratoires

Ingrid Tucci croit que l'attachement, la fidélité vis-à-vis de tel ou tel parti dépend fortement des expériences faites par les migrants depuis leur arrivée en Allemagne. Ainsi la CDU s'est engagée à faciliter l'immigration et l'intégration des Spätaussiedlern, ces descendants d'Allemands émigrés à l'est il y a parfois deux ou trois cents ans. En revanche, relève la chercheuse, certains politiciens conservateurs font preuve de plus de réserve vis-à-vis des immigrés en provenance d'Europe du Sud.

La religion quant à elle joue un rôle mineur dans les sympathies pour tel ou tel parti, selon Ingrid Tucci, tout comme le niveau d'éducation ou la position sociale.

Le lien direct entre comportement électoral et expérience migratoire est un sujet de recherche à approfondir, relève la chercheuse. Car la nette tendance des immigrés à voter soit CDU soit SPD varie avec les nouvelles générations. Selon des données recueillies en 2011, 18% des enfants d'immigrés, la deuxième génération donc, voteraient pour le parti écologiste des Verts – et seulement 40 % pour la CDU ou le SPD. Des chiffres qui ne se différencient plus de ceux constatés chez le reste des électeurs allemands.

Candidate pour la CDU Cemile Giousouf

Candidate pour la CDU Cemile Giousouf

Pour qui Juan Diaz va-t-il voter le 22 septembre? Il ne veut pas le dire. Par le passé, il a travaillé pour un homme politique de la CDU, il a aussi participé activement à plusieurs réunions des Verts et assiste régulièrement à des discussions politiques de tous les partis à Berlin.

Avant qu'il n'obtienne son passeport de la République Fédérale d'Allemagne, il lui est souvent arrivé, lors de discussions sur un thème politique, que des Allemands lui disent:

« Tu es étranger. Tu n'as pas le droit à la parole!» Cela le mettait régulièrement en colère, mais maintenant, plus personne ne peut se servir de cet argument. Juan s'en réjouit.