Le socle du régime Kadhafi ébranlé | Afrique | DW | 22.02.2011
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Afrique

Le socle du régime Kadhafi ébranlé

Difficile d’établir un bilan exact des victimes de la répression, mais Human Rights Watch et la FIDH s’accordent pour dire que les morts se comptent déjà par centaines. Et Mouammar Kadhafi commence à être isolé.

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"... Je suis ici pour prouver que je suis à Tripoli et non au Venezuela. ..."

Cette apparition d’une vingtaine de secondes du colonel Kadhafi à la télévision d’Etat libyenne était sans doute censée montrer aux Libyens et au reste du monde que le dirigeant avait toujours le contrôle de la situation. Mais il est impossible d’affirmer avec certitude quand et où ces images ont été tournées.

Fernsehauftritt Gaddafi

Extrait de la vidéo montrant Kadhafi

D’autant que les scènes d’affrontements continuent dans les rues de plusieurs villes. Hier, selon des témoins, des avions de chasse auraient tiré sur des manifestants. Les autorités libyennes, elles, affirment que des dépôts de munitions éloignés des zones urbaines auraient été visés.

Tandis que Mouammar Kadhafi essaie de rester en selle et que son fils Saif al-Islam a brandi la menace d’un bain de sang, de plus en plus d’hommes politiques et de diplomates tournent le dos au régime. Ainsi, l’ambassadeur adjoint de la Libye aux Nations Unies a-t-il créé la surprise en évoquant un possible "génocide" orchestré par les autorités de son pays :

"D’après les témoignages d’habitants de Tripoli dont nous disposons, le régime tire sur tous ceux qui sortent dans la rue. Il a ses mercenaires partout et dès qu’ils voient un manifestant, ils l’assassinent."

Unruhen in Libyen

L'ambassadeur adjoint de la Libye à l'ONU, Ibrahim Dabbashi

Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir d’urgence cet après-midi pour délibérer. Ban Ki Moon, le secrétaire général des Nations Unies, a d’ores et déjà appelé à l’arrêt immédiat de la violence employée contre des civils. La haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, réclame l'ouverture d'une enquête indépendante et avertit que "les attaques systématiques contre la population civile pourraient être assimilées à des crimes contre l'humanité".

Inquiétude aussi au sein de la Ligue arabe, qui a également convoqué une réunion cet après-midi.

Pendant ce temps, l’armée égyptienne a renforcé ses contrôles et installé des hôpitaux de campagne pour les victimes à la frontière avec la Cyrénaïque, la région de Benghazi, dans l’est de la Libye. A l’ouest, des dizaines de milliers de Tunisiens ont fui vers leur pays, pour éviter d’être pris pour cible par les forces de sécurité libyennes. Plusieurs pays européens affrètent également des avions pour évacuer leurs ressortissants.

Au Moyen-Orient, le Qatar a condamné le recours "à l'aviation et aux armes à feu contre les civils" manifestant en Libye, ainsi que "le silence de la communauté internationale" face à la répression sanglante dans ce pays.

Le Premier ministre turc estime quant à lui que c'est une "erreur" du régime libyen de ne pas entendre les revendications de sa population.

Par ailleurs, l'ancien ambassadeur libyen en Inde, qui a démissioné hier, a confirmé ce matin la présence de "mercenaires" africains pour réprimer les manifestations. Auteur: Sandrine Blanchard
Edition: Aude Gensbittel

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