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Vu d'Allemagne

Le "rêve allemand" réalisé d'un jeune Syrien

Nidal Rashow est Syrien et a trouvé refuge en Allemagne, comme plusieurs centaines de milliers de ses compatriotes depuis le début de la guerre civile en Syrie, en 2011. Il a réalisé son "rêve allemand" - une exception?

"Mon parapluie est à l’image de la Syrie – cassé." Même sous la pluie de Bonn, dans l’ouest de l’Allemagne, Nidal Rashow ne perd pas son humour noir. Lors de notre première rencontre, en mars 2015, Nidal vivait encore dans un centre d’accueil pour réfugiés. Ce trentenaire, arrivé en Allemagne en 2014, apprenait alors l’allemand avec ferveur, pour décrocher un emploi le plus rapidement possible et enfin retrouver son autonomie.

Entre-temps, Nidal a atteint son objectif: l’indépendance. "J’ai enfin tout, un travail, mon propre logement et une copine", raconte-t-il sur le chemin qui mène à la maison de l’homme qui l’a aidé, bénévolement, pendant des mois.

Le chemin de l’indépendance

Cet homme, c’est Wedig von Heyden, qui a dirigé le Haut Conseil allemand pour les Sciences, une institution prestigieuse, pendant plusieurs années. Ce jour-là, il accueille Nidal d’une accolade, sur le pas de la porte de sa jolie maison, dans un quartier cossu de la banlieue de Bonn. "Wedig a toujours été là pour moi, j’ai eu une chance énorme", confie Nidal alors que tous deux s’installent confortablement dans le salon. Le kurde syrien ajoute: "Sans lui, je n’aurai peut-être pas été au bout de mon cours d’allemand, peut-être que je serais encore en train de vivre dans le centre d’accueil. Nous disons qu’il est notre père ici en Allemagne". "Nous", c’est Nidal et ses deux frères qui vivent également à Bonn. Wedig von Heyden les a pris tous les trois sous son aile.

Nidal Rashow und sein Helfer Wedig von Heyden

Nidal Rashow (g.) et Wedig von Heyden (d.) - von Heyden a commencé à accompagner des réfugiés dès 2008


Nidal a écumé le web pour trouver un travail. Finalement, c’est au sein de l’administration municipale de Bonn qu’il a trouvé son bonheur, grâce à ses capacités linguistiques – il parle l’arabe, le kurde, l’anglais et l’allemand. Son travail consiste à accompagner les jeunes réfugiés, qui doivent à leur tour trouver leur voie en Allemagne. "Quand les Syriens me voient, ils viennent de suite vers moi, puisqu'ils savent que je les comprends", explique-t-il.

Une exception?

Le parcours de Nidal est plutôt une exception que la règle: selon des statistiques encore provisoires, établies par l’Agence fédérale pour l’emploi, 74 pourcents des près de 300.000 réfugiés à la recherche d’un travail en Allemagne n’ont aucune qualification professionnelle. Une statistique qui doit encore être completée, et l’Agence pour l’emploi a bien précisé que ces chiffres pourraient finalement indiquer un niveau d’éducation et de formation autrement plus haut chez les migrants. L’administration est encore en train de récolter les données.

L’accompagnateur de Nidal, Wedig von Heyden, pense lui aussi que les chiffres actuels vont s’avérer éronnés. Pour lui, le nombre de réfugiés syriens ayant une formation professionnelle est bien plus élevé. Depuis qu’il a commencé son bénévolat dans l’aide aux réfugiés, von Heyden en a accompagné plus d’une douzaine, pour faciliter leur intégration en Allemagne. La plupart des migrants ont demandé son aide pour chercher un logement, ou lorsqu’ils avaient rendez-vous chez le médecin ou dans une administration.

Nidal Rashow und seine tschechische Freundin Radka

Nidal Rashow et sa compagne Radka en voyage à Berlin


Nidal gagne aujourd’hui mille euros par mois grâce à son travail, ce qui est suffisant pour payer son loyer. Il dit mener une vie agréable. Et il continue à évoluer: il a entamé une formation de travailleur social. De quoi s’assurer une augmentation salariale. "Mais cette formation me fait perdre le sommeil", concède-t-il, en raison du niveau de langue exigé – tous les cours se font en allemand.

Dans l’ensemble, Nidal semble tout de même avoir le quotidien sous contrôle. Il y a un an, il a rencontré la femme qui partage actuellement sa vie, Radka, venue de République tchèque. "Elle est très belle, je l’aime beaucoup", dit-il. Ils ont fait connaissance dans un bar à shisha à Bonn et vivent ensemble aujourd’hui.

Migration et attaques terroristes

Comme Nidal, la plupart des Syriens veulent par-dessus tout trouver un travail et s’intégrer dans la société allemande. Mais ils se plaignent que leurs documents sont souvent égarés par l’administration et que les fonctionnaires insistent pour parler allemand à chaque rendez-vous, même avec les migrants arrivés depuis peu dans le pays. La relation avec l’Allemagne resterait pour beaucoup "superficielle". Ils pensent qu’il faudrait faire plus pour que les réfugiés et les Allemands se rencontrent et apprennent à se connaître. D'autant que le fossé entre eux s’est encore agrandi après les attentats de Nice et d’Ansbach.

Nidal Rashow Flüchtling Bonn

Nidal Rashow a le sentiment d'avoir trouvé sa place en Allemagne

Nidal n’a pas vécu de discriminations à Bonn, mais il voit avec douleur la guerre et la terreur le suivre partout où il va. "Je crois qu’en tant que Syrien, nous sommes tous accablés par ces attentats en Europe. Nous avons fui la guerre, le terrorisme et les viols pour nous installer dans ce joli pays, qui nous a accueillis à bras ouverts. Quand je vois toutes ces choses à la télévision, j’ai honte." La vie de ce jeune kurde syrien est un cas d’école, qui montre comment des réfugiés peuvent s’intégrer avec succès en Allemagne. "Je me sens complètement intégré. Je n’ai besoin d’aucune aide d’État. Je vis comme un Allemand: j’étudie, j’ai un travail et j’ai une compagne."

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