Le procès Mladic, symbole de la lutte contre l′impunité | International | DW | 27.05.2011
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International

Le procès Mladic, symbole de la lutte contre l'impunité

Au lendemain de l’arrestation de Ratko Mladic par la police serbe, la quasi-totalité des réactions sont positives. La quasi-totalité des capitales et l'ONU saluent une victoire de la justice internationale.

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De nombreuses capitales du monde, tout comme l’ONU ou l’OTAN, saluent d’une même voix cette interpellation du «Boucher des Balkans», au bout de près de quinze ans de cavale. Ratko Mladic est inculpé par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie de crimes de guerre et crimes contre l’Humanité pour son rôle durant la guerre de Bosnie, entre 1992 et 1995, alors qu'il était à l’époque le chef militaire des Serbes de Bosnie.

Crimes de guerre et contre l'humanité

C’est la gravité des crimes qui sont reprochés à Ratko Mladic qui confère une telle importance à son arrestation. Près de 8000 Bosniaques musulmans ont été tués dans le massacre de Srebrenica, en juillet 1995, qui aurait été ordonné par Ratko Mladic. Plus les autres milliers de victimes lors du siège de Sarajevo, qui a duré plusieurs années.

Srebrenica. Gedanken an die Toten. Am 12.04.1993, tötete Mladics Arme in Srebrenica 69 Bosniaken.

Cérémonie du souvenir aux victimes de Srebrenica.

L’arrestation du criminel présumé qu’est Ratko Mladic est donc surtout une énorme victoire pour les victimes de la guerre et leurs proches, pour les populations civiles qui ont vécu et souffert sous le régime dont faisait partie Ratko Mladic. D’où leur soulagement, exprimé par Marko Prelec, directeur du projet Balkans de l’ONG International Crisis Group:

«Surtout pour les Bosniaques, mais aussi pour les Croates. C’est tellement difficile de tolérer cette situation (de le savoir en liberté), c’était chaque jour une irritation pour les victimes. Mais même pour les Serbes, c’est l’occasion d’avancer vers une normalisation sur les questions de la guerre.»

Un procès pour refermer les blessures

Pour un procès en bonne et due forme, le transfert de Ratko Mladic vers les Pays-Bas, au TPIY, est nécessaire. Frederick Swinnen, conseiller du procureur en chef Serge Brammertz, résume les grands traits de la procédure à suivre:

«Cela pourra prendre quelques jours. Une fois à La Haye, il sera mis aux arrêts, le juge lui signifiera les faits qui lui sont reprochés, il pourra plaider coupable ou non. Et son procès sera organisé, comme celui des autres criminels jugés ici.»

Ratko Mladic Gericht Belgrad

Des groupes ultranationalistes serbes soutiennent encore Ratko Mladic.

Trop vieux? Trop faible?

Darko, le fils de Ratko Mladic, et ses avocats semblent vouloir faire jouer l’âge – 69 ans - et surtout l’état de santé de l’accusé qui serait affaibli, pour éviter qu’il ne comparaisse devant la justice internationale. Un argument qui ne tient pas, pour Marko Prelec de l’ICG:

«Je suis sûr qu’il est possible de lui donner tout ce dont il a besoin pour sa santé à La Haye. Donc, ce n’est pas une raison. Pour un criminel de guerre présumé !... c’est tellement important de le transférer à La Haye.»

Le procès Mladic, lorsqu’il aura lieu, en plus de panser les plaies des victimes directes, devra servir d’exemple en matière de lutte contre l’impunité. En direction de tous les autres criminels de guerre du monde, en attente de jugement ou toujours en cavale.

***
Ecoutez aussi ci-dessous l'avis de Moussa Coulibaly, ancien bâtonnier de l'ordre des avocats du Niger, qui estime que l'arrestation de Ratko Mladic est encourageante pour les cas d'impunité qui perdurent en Afrique, notamment le cas d'Hissène Abré, l'ancien président tchadien réfugié au Sénégal - inculpé de crimes contre l'humanité, crimes de guerre et actes de torture - le cas de l'actuel président soudanais, Omar el-Béchir, contre qui la Cour pénale internationale a délivré un mandat d'arrêt, et celui de l'ancien dictateur éthiopien Mengistu, en exil au Zimbabwe.

Auteur: Sandrine Blanchard
Edition: Yann Durand

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