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Vu d'Allemagne

Le procès Mannesmann se poursuivra

En Allemagne, la Cour constitutionnelle a invalidé hier la relaxe prononcée l’année dernière par le tribunal de Düsseldorf en faveur du patron de la Deutsche Bank. Un jugement qui concernait le versement, par la banque, de primes et avantages à hauteur de 60 millions d’euros à des dirigeants du groupe de télécoms Mannesmann. Une affaire qui remonte à cinq ans. La décision des juges de Karlsruhe replace donc Josef Ackermann, patron de la Deutsche Bank, et cinq autres personnes sur le banc des accusés. Commentaires de la presse allemande

A l'issue de son procès l'année dernière, le patron de la Deutsche Bank était sorti glorieux. La Cour constitutionnelle a invalidé la relaxe, Josef Ackermann sera rejugé.

A l'issue de son procès l'année dernière, le patron de la Deutsche Bank était sorti glorieux. La Cour constitutionnelle a invalidé la relaxe, Josef Ackermann sera rejugé.

Défaite cuisante pour les accusés Josef Ackermann et Klaus Esser (ancien patron de Mannesmann), mais victoire pour la place économique et financière allemande, estime la Süddeutsche Zeitung. Avec des mots clairs, les juges de Karlsruhe ont considéré que les dirigeants d’une société ne devaient jamais perdre de vue les intérêts de leur entreprise. Avant le procès, la chancelière Angela Merkel avait craint que l’affaire n’affaiblisse la place économique allemande. C’est le contraire qui s’est produit : une justice qui fonctionne et qui poursuit de manière conséquente les abus de tiroir-caisse est un plus pour une place financière. Car les actionnaires n’investissent que là où ils sont sûrs de voir leur argent correctement géré.

La Frankfurter Rundschau relève la « clarté réconfortante » du jugement. D’un point de vue juridique, la prochaine étape va être de déterminer si le patron de la Deutsche Bank a commis une « infidélité », c'est-à-dire s’il a manqué à ses obligations dans la gestion du capital qui lui était confié. D’un point de vue politique, c’est tout un système économique qui dégringole. Depuis des années, poursuit le journal, les revenus réels des employés stagnent, alors que le nombre de grandes fortunes augmente. Le système Ackermann est méprisant pour la majorité des employés qui travaillent de façon engagée pour une part infime du salaire de leurs patrons. La question de savoir si Ackermann et consorts ont manqué à leurs obligations sera donc rejugée. Mais ceux-ci ont déjà convaincu de leur infidélité à l’égard de l’économie allemande. Et le fait que Ackermann n’ait pas directement démissionné prouve qu’ils n’ont pas compris.

Selon la Tageszeitung, le jugement de la cour constitutionnelle vise le cœur de la gestion des sociétés allemandes. Dans chaque entreprise, ce sont les conseils d’administration qui décident du montant des salaires de l’équipe dirigeante. Ils sont impliqués dans le versement de primes et les options sur actions. Ils contribuent au fait qu’un patron puisse accorder, pour son profit personnel, plus d’importance aux marchés financiers et aux objectifs de rendement qu’au bien-être de sa société. Or les conseils d’administration sont gestionnaires et non propriétaires des biens d’une entreprise, rappelle la taz.

Enfin, Die Welt regrette l’absurdité de cette affaire. Au moment de la transaction, aucun actionnaire n’avait protesté contre le versement des primes. Les personnes qui, selon les juges de Karlsruhe, ont subi des dommages à cause du versement de ces primes, ont approuvé, par l’intermédiaire du conseil d’administration, les transactions qui leur ont soi-disant nui. L’un des grands acquis de la civilisation occidentale est la protection de la propriété privée, poursuit die Welt. Si une entreprise veut récompenser ses employés par des primes, ce n’est ni à l’Etat ni aux tribunaux d’en juger, conclut le quotidien.

  • Date 22.12.2005
  • Auteur Anne Le Touzé
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