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Le nord-est centrafricain, une poudrière

Sébastien Martineau28 mars 2013

La population du nord-est de la Centrafrique se plaint depuis longtemps de ne pas être suffisamment soutenue par Bangui. Le développement de ces zones fait partie des revendications de la coalition Séléka.

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Des ex-enfants soldats dans un centre de transit de l'Unicef à N’dele, dans le nord de la CentrafriqueImage : UNICEF/NYHQ2012-0881/Sokol

Le pouvoir central à Bangui aurait sans doute dû comprendre plus tôt le risque que représente une région délaissée, comme le nord-est. Au moment de la présidentielle de 2011, certains observateurs évoquaient des "zones de non-droit" constituant une véritable poudrière.

L'isolement du nord-est centrafricain a différentes causes, et notamment naturelles, comme l'explique, depuis Bangui, Adolphe Ngouyombo, le président du Mouvement de défense des droits de l’Homme et d’Action humanitaire :

« Cette histoire date depuis les années de l'indépendance. C'est dû à des facteurs naturels. D'abord c'est très éloigné et en saison pluvieuse, la zone est véritablement inaccessible. »

Des voisins remuants

Inaccessible peut-être, mais aussi frontalière. Et avec des voisins pas forcément très calmes : le Tchad, le Soudan et le Soudan du Sud. C'est une zone de contrebande, où l'on se livre notamment au trafic d'armes.

Karte Zentralafrikanische Republik FRA

Au niveau national, dans l'administration et la politique, les populations du nord-est sont sous-représentées. Il faut dire aussi que ces régions souffrent d'un important retard en matière d'éducation. Toutefois la situation s'est améliorée, en partie grâce à une importante présence d'organisations humanitaires étrangères.

Les religions cohabitent

Qui dit zone frontalière, dit aussi échanges de population et échanges culturels. Dans le nord-est, la population est souvent bilingue, au moins, et il y a une mixité religieuse. Une réalité qui se retrouve dans la composition de la Séléka.

Adolphe Ngouyombo observe : « Au niveau des frontières, les gens parlent les deux langues : il y a le sango, la langue nationale qui est parlée par près de 100% de la population centrafricaine. Et également l'arabe que cette population parle aussi. Bon, c'est difficile aujourd'hui de faire le point sur la composition même du Séléka, mais dans mes investigations d'hier, il y a un constat réel : il y a beaucoup plus de musulmans. »

Et le nouveau président auto-proclamé, Michel Djotodia, est lui même un ressortissant du nord-est, plus précisément de Birao.

Le Premier ministre Nicolas Tiangaye quant à lui est originaire du centre du pays, de la ville de Bouca. Adolphe Ngouyombo estime qu'il a, en partie, été choisi parce qu'il n'avait pas une appartenance régionale trop marquée. Et qu'il bénéficie d'une bonne réputation en raison de son engagement pour les droits de l'Homme.