Le Nigeria au bord de l′implosion | Afro-presse (hebdomadaire) | DW | 13.01.2012
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Afro-presse (hebdomadaire)

Le Nigeria au bord de l'implosion

Les violences au Nigeria, conjuguées avec le mot d'ordre de grève générale, restent pour la presse allemande le sujet majeur dans l'actualité africaine.

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Manifestation à Lagos, 11.01.12

Violence et chaos au Nigeria, titre la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Des centaines de personnes ont fui le nord-est du pays par peur de nouvelles attaques de Boko Haram. Des exodes similaires sont mentionnés dans le sud chrétien du Nigeria, cette fois-ci chez les musulmans qui fuient vers le nord dans la crainte d'éventuelles représailles de la part des chrétiens. Le gouvernement nigérian est de surcroît confronté à une grève générale après la suppression des subventions aux carburants. Le prix de l'essence a doublé. C'est un coup dur pour les pauvres, car la hausse du prix de l'essence entraine aussi une forte hausse des tarifs des transports publics.

Nigeria Lagos Benzin

Un policier tente d'éteindre un incendie consécutif à une manifestation, 10.01.12

Le réformateur Goodluck Jonathan, note la Berliner Zeitung, s'était proposé de mettre un terme à la gabegie. Il n'est pas sûr qu'il ait choisi le bon moment pour le faire. Beaucoup de Nigérians doivent se débrouiller avec deux dollars par jour. Les subventions sont à leurs yeux la seule chose que le gouvernement fait pour eux, ils redoutent que les dollars économisés ne disparaissent de nouveau dans les poches de politiciens corrompus. Les manifestants ont reçu l'appui des trois plus grands écrivains nigérians, ajoute le journal, sans préciser de quels écrivains il s'agit. die tageszeitung relève que le Nigeria traverse l'épreuve peut-être la plus grave depuis la guerre du Biafra dans les années 60. Il est grand temps que la communauté internationale s'en rende compte. Treize ans après la démocratisation l'élite dirigeante n'a relevé aucun des grands défis du pays, de la coexistence pacifique entre les peuples à une utilisation juste de la richesse pétrolière en passant par la condamnation des atteintes aux droits de l'homme. Le mouvement contestataire nigérian, poursuit le journal, veut un avenir meilleur, en ce sens il mérite la solidarité.

Ruanda Völkermord

Une survivante du génocide au mémorial de Ntarama

Qui a tué Habyarimana?

Les relations entre la France et le Rwanda sont évoquées cette semaine dans la presse allemande après la publication par la justice francaise d'un rapport d'expertise sur l'attentat du 6 avril 1994 contre le président Juvénal Habyarimana. Un rapport qui disculpe les Tutsi, note la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Il en ressort en effet que les missiles sol-air qui ont abattu l'avion présidentiel ont été tirés non pas de la colline de Masaka, tenue à l'époque par le FPR de Paul Kagamé, mais de la colline voisine de Kanombe, tenue, elle, par les forces du régime Habyarimana. Pour la ministre rwandaise des affaires étrangères, poursuit le journal, il doit donc être clair pour tout le monde, maintenant, que l'attentat a été commis par des extrêmistes hutus. Cette thèse peut s'appuyer sur une explication plausible: Habyarimana a été tué alors qu'il revenait de négociations de paix en Tanzanie où il aurait fait de larges concessions aux rebelles tutsi de Kagamé. La nouvelle expertise, écrit die tageszeitung, réduit à néant la thèse française précédente, selon laquelle l'avion d'Habyarimana avait été abattu par des rebelles tutsi qui voulaient ainsi provoquer une réaction de vengeance contre les Tutsi et créer un climat dans lequel le FPR pourrait prendre le pouvoir au Rwanda. C'est l'une des affirmations favorites des négationnistes du génocide. Les deux journaux évoquent bien sûr la grave crise diplomatique qui a plombé pendant des années les rapports entre Paris et Kigali.

Ägypten Wahl Wahlen 14.12.2011 Giza

Elections législatives, décembre 2011

Les islamistes en force au parlement égyptien

En Egypte, la troisième phase des élections législatives est maintenant achevée. Les résultats globaux sont connus. Et cela inspire ce titre au Tagesspiegel de Berlin: "Triomphe des islamistes". Depuis la fin des premières élections législatives démocratiques en Egypte, écrit le journal, la joie et le soulagement se mêlent à la peur et au malaise sur les bords du Nil. Les musulmans modérés et les chrétiens coptes redoutent l'émergence d'un Etat théocratique. Les islamistes en revanche voient dans leur victoire écrasante le fruit de décennies de travail de conviction religieuse, de programmes sociaux et d'opposition crédible au régime Moubarak. Dans les quatre années à venir les islamistes contrôleront les deux tiers des 498 mandats. Et, note de son côté la Süddeutsche Zeitung, dans la mesure où le parlement rédigera la nouvelle constitution, les islamistes exigeront leur tribut. La constitution leur tient à coeur. Elle est un tremplin vers un Etat à forte coloration islamique. Sur ce terrain les salafistes sont moins versatiles que les Frères musulmans: certains veulent interdire la musique et le cinéma. Mais les généraux pourraient s'accommoder du pacte suivant: à eux, les généraux, la nation, aux autres la religion.

Wahlen in Guinea-Bissau

Malam Bacai Sanha à l'élection présidentielle de 2009

Un pays qui tangue

La Guinée Bissau sans gouvernail - pour die tageszeitung la mort du président Malam Bacai Sanha devrait déstabiliser un peu plus ce petit Etat ouest-africain, montré du doigt comme plaque tournante du trafic de la cocaïne sud-américaine vers l'Europe. Bacai Sanha, un vétéran de la lutte de libération contre le Portugal et autrefois étudiant en Allemagne de l'est, était sorti vainqueur d'élections libres en 2009, après que son prédécesseur Nino Vieira avait été torturé à mort par des soldats qui voulaient se venger de l'assassinat du chef d'état-major. Son mandat était donc empreint de la méfiance entre politiques et militaires. Le journal rappelle qu'à la Noël 2011, lorsque l'hospitalisation du président en France a été révélée, une nouvelle tentative de putsch du chef de la marine Bubo Na Tchuto a échoué. Bubo a été arrêté avec 25 autres militaires. Une nouvelle tentative de coup d'Etat pourra-t-elle être évitée après la mort du président, s'interroge le journal. La réponse dépendra de l'Angola, le principal partenaire étranger de la Guinée-Bissau.

Auteur: Marie-Ange Pioerron
Edition: Georges-Ibrahim Tounkara

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