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Afro-presse (hebdomadaire)

Le Kenya comme cible des islamistes radicaux

Le Kenya a dominé l'actualité africaine dans la presse allemande. L'attaque du centre commercial Westgate à Nairobi a été d'autant plus suivie par les médias que des Européens figurent parmi les victimes.

Gaz lacrymogènes contre badauds lors de l'attaque contre le Westgate

Gaz lacrymogènes contre badauds lors de l'attaque contre le Westgate

Il est par exemple significatif que l'hebdomadaire der Spiegel s'intéresse d'abord, dans l'article qu'il consacre à cette attaque, à un journaliste néerlandais présent dans le centre commercial au moment du drame, mais qui a survécu. Cette attaque, note le journal, est la pire attaque terroriste au Kenya depuis l'attentat à la bombe contre l'ambassade des Etats Unis à Nairobi il y a 15 ans. Elle a été revendiquée par les shebabs, les islamistes somaliens. Le Kenya est devenu pour eux une cible depuis que les troupes kenyannes sont entrées en Somalie et ont aidé à chasser les extrêmistes de Mogadiscio et de la ville portuaire de Kismayo. Les shebabs, note le Spiegel, ont encore suffisamment d'argent pour mener des opérations d'envergure à l'étranger. Les Somaliens en exil envoient des dons, mais surtout les islamistes rançonnent impitoyablement les régions encore sous leur contrôle.

Un nuage de fumée s'échappe du centre commercial

Un nuage de fumée s'échappe du centre commercial

La Süddeutsche Zeitung relève que beaucoup de Somaliens ont quitté leur pays pendant les deux dernières décennies de guerre civile. Beaucoup d'entre eux vivent au Kenya, dans de gigantesques camps de réfugiés et à Estleigh, un quartier de Nairobi surnommé la petite Mogadiscio. C'est ici que des responsables politiques et des journalistes menacés dans leur pays ont trouvé refuge, que des hommes d'affaires somaliens construisent des hôtels clinquants et que les shebabs recrutent des combattants parmi les milliers de jeunes réfugiés sans perspectives d'avenir. Il existe quelques endroits, note plus loin le journal dans cet article intitulé "le lion blessé", dans lesquels se manifeste la croissance économique de la région. Un centre commercial ultra-moderne comme le Westgate en est un symbole. Mais l'attaque de ces derniers jours le montre, poursuit le journal: sans bonne gouvernance, sans stabilité politique et sans sécurité les bonnes données économiques ne sont pas en Afrique de l'est une raison suffisante de se réjouir.

Policiers kényans pendant l'assaut donné contre les terroristes

Policiers kényans pendant l'assaut donné contre les terroristes

Après le carnage les questions demeurent

L'heure des critiques est arrivée, note die tageszeitung. Le NIS, ou service national de sécurité est sur la sellette. Un sénateur très populaire chez les jeunes Kenyans défavorisés, Gidion Mbuvi Sonko, a déclaré qu'il avait averti des risques d'attentat il y a deux mois déjà. Sous couvert d'anonymat des membres des services de sécurité américains ont raconté au New York Times que l'opération armée de Nairobi avait été planifiée depuis des mois. La police essuie elle aussi des critiques, poursuit le journal. Les policiers sont mal payés, il est fréquent qu'ils ne fassent pas leur travail, en revanche ils sont passés maîtres dans l'art d'extorquer des fonds aux automobilistes. Des témoins oculaires, poursuit le journal, ont rapporté que les assaillants avaient comme fusils des G-3 (ndlr.: fusil d'origine allemande). Cette arme est aussi utilisée par les forces de sécurité, et les experts n'excluent pas que les fusils aient été fournis aux terroristes par des policiers corrompus. Ils sont en tout cas connus pour louer leurs armes, une fois leur service terminé, à quiconque leur paie quelques euros par heure de location.

Le fils d'une victime vient d'identifier le cadavre de son père

Le fils d'une victime vient d'identifier le cadavre de son père

Le Tagesspiegel de Berlin relève que pour un membre, au moins, du gouvernement kényan, l'attaque terroriste s'est révélée une aubaine perverse: la cour pénale internationale a interrompu pendant une semaine le procès contre le vice-président William Ruto. Et selon la Süddeutsche Zeitung, l'attentat contre le Westgate pourrait être aussi une chance pour le président Uhuru Kenyatta. Jusqu'à présent il était traité en paria par les occidentaux. Les relations diplomatiques avec les Etats-Unis, la Grande- Bretagne et l'Allemagne ont été fortement réduites en raison de l'inculpation de Kenyatta par la CPI pour crimes contre l'humanité. Or poursuit le journal, Barack Obama a téléphoné dès dimanche dernier à Kenyatta. Lequel sait que pour les occidentaux son pays compte plus qu'une inculpation à La Haye. Le Kenya est en Afrique de l'est le principal allié dans la lutte contre le terrorisme. Les Etats-Unis comme Israël ne renonceront pas à cette alliance, surtout pas à cause d'un tribunal qu'ils ne soutiennent pas.

Après la destruction de l'immeuble des Frères musulmans au Caire

Après la destruction de l'immeuble des Frères musulmans au Caire

Chaos dans la province égyptienne

A côté du Kenya il est aussi un peu question de l'Egypte dans la presse allemande. Après l'interdiction des activités des Frères musulmans, la Frankfurter Allgemeine Zeitung note qu'à Minya, dans la province égyptienne, la résistance des islamistes radicaux contre le nouveau pouvoir ne fléchit pas. Minya est située à environ 250 km au sud du Caire. Près de 100 jours après la chute du président islamiste Mohamed Morsi, Minya est toujours en proie au chaos, souligne le journal. A la différence du Caire ou d'Alexandrie, les nouveaux dirigeants n'ont toujours pas repris le contrôle de Minya. Depuis des décennies cette région est un bastion de groupes extrêmistes comme la Gamaa al Islamija , qui a commis des attentats terroristes dans les années 80 et 90. L'interdiction de leurs alliés islamistes des Frères musulmans devrait renforcer le retour à la violence. En témoigne la recrudescence des attaques contre des institutions chrétiennes.

A Freetown pendant l'énoncé du verdict en appel contre Taylor

A Freetown pendant l'énoncé du verdict en appel contre Taylor

Dans le doute, contre l'accusé

Enfin l'ancien président du Liberia, Charles Taylor refait parler de lui. Le Tribunal spécial pour la Sierra Leone a confirmé en appel sa condamnation à 50 ans de prison pour crimes contre l'humanité commis en Sierra Leone. Cela inspire un commentaire plutôt critique à la Süddeutsche Zeitung. Charles Taylor, écrit le journal, avait une sale réputation. Mais plus que sur des preuves solides de culpabilité, le tribunal s'est basé sur des indices, des on-dit. Cela n'aurait-il pas dû profiter à l'accusé? La chambre d'appel aurait eu l'occasion de corriger les faiblesses du jugement en première instance. Les juges n'ont pas eu le courage de le faire. Ils ont bien plutôt nourri le soupçon que ce procès a été en réalité un procès politique.

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