Le grand ménage tunisien | Afrique | DW | 07.02.2011
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Afrique

Le grand ménage tunisien

Le gouvernement tunisien de transition a annoncé la dissolution du Rassemblement constitutionnel démocratique, le parti de l'ancien président Ben Ali, aujourd'hui en exil en Arabie Saoudite.

Le logo de l'ancien parti présidentiel RCD, dissout dimanche par le gouvernement de transition

Logo de l'ancien parti présidentiel RCD, dissout dimanche par le gouvernement de transition

La dissolution de ce parti symbolisant l'ancien système intervient à un moment où la situation se dégrade en Tunisie. Il y a eu au moins quatre morts depuis vendredi. A Sidi Bouzid, deux personnes sont mortes dans l'incendie du poste de police où elles étaient détenues. Samedi et dimanche, les affrontements ont été particulièrement violents dans la ville d’El Kef, située au nord-ouest du pays. Des groupes de jeunes tunisiens ont incendié le poste de police et les forces de l'ordre ont ouvert le feu, tuant deux autres personnes.

C'est dans ce contexte que le gouvernement de transition a donc décidé de dissoudre le RCD, le Rassemblement constitutionnel démocratique. Le ministre de l'Intérieur, Farhat Rajhi, a annoncé qu'il suspendait toutes les activités de l'ancien parti au pouvoir. Il interdit aussi toutes réunions de ses membres et a ordonné la fermeture de ses locaux dans le pays. C'est donc un grand coup de balai que vient de donner le gouvernement de transition.

Le gouvernement de transition avait pourtant déjà donné un autre coup de balai en limogeant des hauts responsables de la police et en remplaçant les gouverneurs des 24 provinces. Le retour des violences prouve que cela n'a pas suffit. La population tunisienne voit en effet d'un mauvais œil l'arrivée de certains gouverneurs jugés trop proches de l'ancien régime. A Gafsa, au centre du pays, le gouverneur nouvellement nommé a été forcé de quitter ses bureaux à bord d'un véhicule de l'armée.

Les affrontements dans la ville de Sidi Bouzid ont causé la mort de deux personnes samedi

Les affrontements dans la ville de Sidi Bouzid ont causé la mort de deux personnes samedi

Thèse du complot

Une autre thèse est avancée aujourd'hui pour expliquer le retour des violences : celui-ci serait orchestré par des fidèles de Ben Ali. "Nous avons chassé le dictateur mais la dictature est toujours là. Je veux dire que la police secrète te le parti du dictateur sont encore là", a confié Moncef Marzouki, l’un des opposants historique du président déchu et candidat autoproclamé à la prochaine élection présidentielle.

Cette thèse du complot est aussi avancée par le gouvernement de transition : celui-ci affirme que les violences sont le fait d'une conspiration des proches de Ben Ali visant à répandre le chaos. C'est pour enrayer la dégradation de la sécurité que le gouvernement aurait décidé l'interdiction du parti RCD.

Auteur : Jean-Michel Bos

Edition : Elisabeth Cadot

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