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International

Le Front national a-t-il vraiment changé ?

Il y a 15 ans, Jean-Marie Le Pen créait la surprise en arrivant au second tour. Dimanche, Marine Le Pen, pourrait rééditer l’exploit de son père, dans un contexte politique marqué par l’attentat de jeudi à Paris.

Quand au soir du 21 avril 2002, les premiers résultats de l’élection présidentielle française annoncent le candidat du Front national au second tour, il s’agit là d’un score inédit pour le parti de Jean-Marie Le Pen. Car c’est la première fois qu’un candidat d’extrême-droite arrive à se hisser à ce niveau du classement sous la Ve République française. 

Mais dimanche, la stupéfaction sera moindre si jamais sa fille, Marine Le Pen, arrive au second tour du scrutin, car la quasi-unanimité des sondages la créditent de plus de 20% des voix. Les élections départementales et celles régionales de 2015 ont aussi fait de cette formation nationaliste le premier parti  de France en nombre de voix au premier tour. Un succès que décrypte le politologue Seddik Abba :

« Quand Marine le Pen s’est installée, elle a dédiabolisé le Front national sur certaines thématiques. Son père avait des opinions tranchées sur l’antisémitisme ou sur la guerre d’Algérie. Lui, il assumait sa xénophobie. Mais elle a  marqué une rupture. Sur l’islam par exemple, en disant qu’il a sa place dans la République à condition que les musulmans respectent la loi. Il y a donc de sa part un travail de dédiabolisation et un éloignement par rapport aux positions dogmatiques de son père. Il y a aussi le fait de sa propre personnalité» 

 

La candidate d'extrême-droite partage encore les opinions de son père 

 

Mais pour le politologue nigérien, cette tentative de dédiabolisation ne suffit pas pour rompre totalement avec la nature même du parti nationaliste:  
"Certes, il y a un changement de style et d’approche. Mais il n’a pas vraiment changé. Sur la question de la préférence nationale, de l’Europe ou de l’immigration, elle partage les mêmes opinions que son père".

Frankreich | Schießerei auf der Champs Elysee Avenue (Getty Images/AFP/F. Fife)

La France est depuis des mois sous le régime de l’état d’urgence

Cette fin de campagne reste aussi marquée par l’attentat de jeudi sur les Champs Elysées. L'attentat, qui a coûté la vie à un policier, a été revendiqué par l'Etat islamique. Le gouvernement français a accusé notamment le FN, par la voix de son Premier ministre Bernard Cazeneuve, d’instrumentaliser l’attaque. A en croire Laurent Ethoughe, spécialiste en géopolitique, l’impact de l’attentat pourrait profiter à Marine Le Pen chez ceux qui ne savent pas encore pour qui voter: 
 

"Les indécis qui forment 20% à 30% de l’électorat pourraient bien se laisser emporter par cette vague d’émotions, parce qu'on se demande qui serait à mesure d'assurer la sécurité des Français". 

Le dimanche 23 avril, quelque 47 millions d’électeurs français devront choisir parmi  11 candidats. Ils sont environ 1,3 million à voter à l’étranger. Le second tour est prévu pour le 7 mai. 
 

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