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Afrique

Le financement des missions de paix, un casse-tête pour l’UA

En Afrique, les missions de paix sont pour la plupart prises en charge par les Nations Unies ou par l’Union africaine.

En 2015, plus de 100.000 Casques bleus étaient stationnés dans des pays africains, soit davantage que dix ans auparavant. Les points les plus « chauds » du continent sont le Darfour, au Soudan, le Soudan du Sud et le Mali. Des missions difficiles auxquelles s’ajoute un autre casse-tête pour l’Union africaine.

L’UA dépend en effet de financements des Nations Unies, de l’Union européenne et des Etats-Unis. Seuls 2,3% du coût des missions militaires de l’UA sont pris en charge par les Etats africains. Contrairement à l’ONU qui a un budget propre plus stable, sans oublier les chaînes de décisions au sein du Conseil de sécurité qui fonctionnent plus rapidement que les processus de discussion et de vote au sein de l’Union africaine. Annette Weber, de la Fondation de Recherche en Sciences politiques SWP  précise que "l'autre difficulté : comment allier des structures de commandement très différentes ? Qui assure le commandement de la mission ? On a vu la rivalité entre l’Ouganda et le Kenya au sein de l’Amisom, en Somalie. Les équipements militaires ne sont pas toujours compatibles, ce qui amoindrit encore l’efficacité de la mission."
Les principales missions de l’Union africaine actuellement sont celle en Somalie, qui compte 22.000 soldats, la mission hybride au Darfour, avec l’ONU, la MINUAD, qui rassemble 14.000 hommes et puis les 55 observateurs déployés au Burundi.

L'autofinancement une idée qui peine à se concrétiser 

Au moment de sa prise de fonctions en janvier 2017, le nouveau président de la Commission, Moussa Faki Mahamat, a annoncé vouloir faire de la sécurité sa priorité. Les chefs d’Etat du continent veulent financer eux-mêmes, à hauteur de 25%, les missions africaines. Notamment grâce à la taxe "Kaberuka" de 0,2% prévue mais qui n'est toujours pas prélevée par tous les Etats membres. En mai dernier, seuls 14 pays sur 54 s’étaient acquittés de leur écot. Annette Leijennar, de l’Institut de recherche pour la sécurité ISS à Pretoria, doute que cela dépasse les discours d’intention car "la participation financière de l’ONU ou d’autres partenaires bilatéraux n’est pas assurée. L’UA ne peut pas travailler sur des projets de long terme comme l’Amisom si ses finances ne sont pas sûres et planifiables."

L’idée d’un autofinancement – ou d’un financement autosuffisant de la part de l’Union africaine serait d’autant plus souhaitable selon la chercheuse que, sous l’impulsion de l’administration Trump, les Nations Unies ont baissé de 600 millions de dollars leur budget alloué au maintien de la paix.

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