Le couvre-feu décrété en Egypte | Coupe du monde de football 2018 | DW | 28.01.2011
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Mondial 2018

Le couvre-feu décrété en Egypte

Des violences ont éclaté dans plusieurs villes entre la police et les manifestants dès la fin de la prière du vendredi, causant la mort d'au moins trois personnes. Le pouvoir a déployé l'armée dans les grandes villes.

Les manifestants ont continué à affronter la police après le début du couvre-feu, comme ici à Suez

Les manifestants ont continué à affronter la police après le début du couvre-feu, comme ici à Suez

La situation s'est dégradé très vite. Au Caire, la capitale, des milliers de personnes ont fait la prière devant une grande mosquée du quartier de Guiza et scandé des slogans hostiles au président Hosni Moubarak. Aussitôt la prière terminée, des heurts ont éclaté entre la police et des manifestants. La police a utilisé des gaz et des canons à eau et tiré en l'air pour disperser la foule.

Des proches de Mohammed ElBaradeï ont été frappés par la police alors qu'ils cherchaient à protéger ce dernier qui aurait été interpellé. La police lui a interdit de participer aux manifestations et l'a assigné à résidence. Interrogé avant le début de ce « Vendredi de colère », celui-ci a déclaré : « Je suis ici pour m'assurer que les choses vont se dérouler d'une manière pacifique, du moins je l'espère. Si le régime utilise la force cela sera contre-productif et conduira à une situation affreuse. Mais je serai La´avec le peuple, en particulier avec ceux qui ont organisé les manifestations pacifiques. »

Mohamed ElBaradei, assis au premier plan, a participé à la prière avant d'être interpelé par la police

Mohamed ElBaradeï, assis au premier plan, a participé à la prière avant d'être interpellé par la police

Internet bloqué

Mohammed ElBaradeï est rentré en Egypte pour se présenter comme une alternative politique, une troisième voix entre Hosni Moubarak et les Frères musulmans, organisation islamiste et principal mouvement d'opposition du pays. Mais ni ElBaradeï ni les Frères musulmans ne sont à l'origine de ces troubles. L'initiative est venue de la jeunesse égyptienne dans un pays où les deux tiers de la population ont moins de trente ans.

Cette jeunesse qui, grâce à des réseaux sociaux comme Facebook, a réussi à mobiliser le peuple égyptien. C'est pourquoi l'accès à Internet mais aussi aux réseaux de téléphonie mobile ont été bloqués par le gouvernement, coupant l'Egypte du reste du monde.

Une voiture de la police egyptienne a foncé dans la foule sur le pont du 6 octobre au Caire

Une voiture de la police egyptienne a foncé dans la foule sur le pont du 6 octobre au Caire

Au moins trois morts

Mais ces nesures n'ont pas empêché les manifestations d'aujourd'hui. Au Caire, les affrontements ont été particulièrement violents sur le pont du 6 octobre où une voiture de police a foncé dans la foule sans toutefois provoquer de victimes. En revanche, une personne a été tuée et plusieurs autres blessées dans le quartier de Ain Shams quand la foule a tenté de voler leurs armes aux forces de sécurité. La chaine de télévision Al Jazira a montré des images d'au moins deux personnes armées d'armes automatiques dans la foule. Toujours au Caire, une autre personne a été tuée dans le centre de la ville, aux alentours de la place Moneim Riyad.

Dans les autres villes, les manifestations sont particulièrement violentes à Suez où une personne a été tuée et au moins trois véhicules des forces de l'ordre incendiés. A Suez, la police a reculé devant le flot des manifestants et ne semble plus être en mesure de contrôler la situation. Dans la ville d'Alexandrie, où la foule s'est rassemblée en appelant à la démission du président Hosni Moubarak, des manifestants ont incendié le siège du gouvernorat d'Alexandrie. Au Caire c'est le siège du parti gouvernemental qui a été incendié.

Dans ces conditions, l'armée a été déployée pour soutenir la police. L'armée dans laquelle la population égyptienne a malgré tout plus confiance que dans les forces de police, à l'image de ce qu'on a pu observer déjà en Tunisie. Le couvre-feu a été imposé, d'abord dans les villes du Caire, de Suez et d'Alexandrie, puis dans l'ensemble du pays. Mais malgré le déploiement de l’armée, les manifestants n'ont pas respecté ce couvre-feu. Ils ont incendié un véhicule de transport de la police au Caire et tenté de le pousser dans le Nil. Vendredi en début de soirée, le président Hosni Moubarak devait apparaître la télévision pour faire une déclaration à la nation.

Auteur : Jean-Michel Bos

Edition : Sandrine Blanchard

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