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Vu d'Allemagne

L'arabellion est-elle soluble dans la charia ?

La presse allemande s'interroge sur le succès du parti Ennahda en Tunisie et sur le rôle de l'islam dans la Libye de l'après-Kadhafi ou l'Egypte post-Moubarak. Y a-t-il un risque pour les démocraties naissantes ?

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Des partisans du parti Ennahda, le 24 octobre à Tunis

Non, la semaine prochaine, on ne verra pas des voleurs se faire couper la main en Tunisie, explique die tageszeitung. Non, les islamistes ne se sont pas emparés du pouvoir. Ils ont été élus démocratiquement. Si ces élections en Tunisie ont montré une chose, c'est que les deux tendances - les islamistes représentés par un parti et les libéraux par plusieurs partis - forment deux courants importants, qui ne peuvent s'ignorer l'un l'autre.

Wahlen in Tunesien

Les élections de dimanche, en Tunisie, ont été marquées par une participation très élevée

Par contre, ce qui apparaît particulièrement cynique, souligne le journal, ce sont les prédictions pessimistes venues d'Occident, sur le thème : nous avons toujours su que ces démocraties arabes finiraient en théocraties. Alors même qu'ils ne disent pas un mot sur le vieux monde arabe, à commencer par l'Arabie saoudite. Cette fois-ci, c'est plutôt sur le thème : ceux qui ont du pétrole et garantissent la stabilité, eux, on ne leur pose pas de questions.

Pour la Frankfurter Allgemeine Zeitung, il est difficile de croire que l' "arabellion" mène à un système démocratique développé en l'espace de quelques années. Mais ceux qui ont la volonté de remplacer des pouvoirs parfois millénaires basés sur la répression par quelque chose de mieux, ceux-là doivent être félicités et encouragés. Si en Tunisie, en Libye ou en Egypte, les forces traditionnelles et celles des soulèvements civils, laïcs pouvaient se rencontrer, on aurait déjà gagné beaucoup.

Libyen Mustafa Abdul Dschalil Übergangsrat

Les récentes déclarations du CNT libyen sur la charia ont provoqué des réactions inquiètes en Occident

La Süddeutsche Zeitung estime que l'islam ne peut apporter de solution aux problèmes séculiers, pas plus que la religion en général ne peut servir de substitut à l'éducation, à l'Etat de droit ou à une politique du travail. Mais si l'Etat laïc n'avait pas échoué de manière si catastrophique, alors les offres d'assistance des Frères musulmans en Egypte, ou les promesses d'emplois ultra-optimistes du parti Ennhada en Tunisie rencontreraient beaucoup plus de sceptiques.

Ces mouvements doivent désormais faire leurs preuves. Mais la lutte pour l'avenir post-révolutionnaire en Egypte et en Tunisie se jouera sans doute moins entre les libéraux et les islamistes, prédit le quotidien, qu'entre les religieux réformateurs et les ultraconservateurs. Et même si les islamistes voulaient abolir la démocratie, les peuples arabes ont désormais une certaine expérience en matière de renversement de pouvoirs autoritaires.

Auteur : Sébastien Martineau
Edition : Mireille Dronne

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