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Afrique

L'AMISOM se déploie à Kismayo

Les troupes de l'AMISOM ont finalement pénétré à l'intérieur de Kismayo. Mais la ville abandonnée samedi par les islamistes shebab a été le théâtre de pillages et de règlements de compte.

Ce n'est qu'à la mi-journée, soit plus de 48 heures après la fuite des shebab, que les troupes gouvernementales somaliennes et leurs milices supplétives ont commencé à se déployer dans le centre ville. C'est ce qu'a confirmé le porte-parole des forces gouvernementales pour la région sud du Jubaland.

Les forces de l'AMISOM ont donné l'assaut dès vendredi

Les forces de l'AMISOM ont donné l'assaut dès vendredi

Selon des habitants, après le départ des shebab, la ville a été le théâtre de pillages et de règlements de comptes, laissant la voie libre à des milices de divers clans. La population attendait l'arrivée des troupes gouvernementales.

L'assaut sur Kismayo

Vendredi, le contingent kényan de l'Amisom - la Force de l'Union Africaine en Somalie - avait lancé une attaque d’envergure contre la ville par la mer, appuyée par des bombardements aériens. De leur côté, les insurgés islamistes avaient annoncé samedi n’avoir effectué qu’un "repli tactique" en quittant leur bastion de Kismayo. Quoiqu’il en soit, le président somalien élu le 10 septembre, Hassan Cheikh Mohamoud, a félicité l'Amisom et les troupes somaliennes pour avoir bouté les militants shebab hors de Kismayo.

Déjà chassés de la capitale Mogadiscio en août 2011, les shebab ont perdu depuis leurs bastions l’un après l’autre. Mais sur le plan stratégique, la perte de Kismayo signifie-t-elle vraiment une grande défaite ? Certes, les shebabs perdent des ressources financières substantielles, réalisées avec les activités portuaires, notamment l'exportation du charbon de bois et la collecte de taxes. Mais selon Roland Marchal, spécialiste de la Corne de l'Afrique, les sources de financement sont loin d'être éteintes.

Écouter l'audio 02:01

"Une bonne partie du financement des shebabs vient de l'étranger" (Roland Marchal)

Des milliers de déplacés

Le HCR, le Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés, estime qu’au cours des quatre dernières semaines, au moins 12.000 personnes auraient fui la ville. La population globale de Kismayo est estimée entre 160.000 et 190.000 habitants. Non seulement les habitants de Kismayo veulent partir, mais aussi la grande majorité des jeunes Somaliens, qui représentent les deux tiers de la population de ce petit pays de moins de dix millions d’habitants, veulent fuir la Somalie. C’est ce qui ressort d’ un rapport de l'ONU publié ce lundi.

21 ans de chaos et de guerre, la famine et le manque de perspectives font naturellement fuir les gens. Aujourd’hui plus de 600.000 Somaliens vivent dans des camps de réfugiés dans les pays voisins, la plupart au Kenya.

Des Somaliennes et leurs enfants dans le camp de réfugiés de Dadaab, dans le nord-est du Kenya

Des Somaliennes et leurs enfants dans le camp de réfugiés de Dadaab, dans le nord-est du Kenya

Répercussions au Kenya voisin

Notons que dimanche à Nairobi, un enfant a été tué, et plusieurs autres blessés dans une attaque à l’explosif contre une église anglicane dans un quartier peuplé en majorité de réfugiés somaliens. La police kényane soupçonne les islamistes shebab qui ont appelé à de nombreuses reprises à des attaques sur le sol kényan en représailles des opérations militaires kényanes en Somalie. 

De telles actions ne font que renforcer la méfiance, voire l’agressivité de certains Kényans contre les Somaliens quels qu'ils soient, même – paradoxalement – contre ceux-là mêmes qui ont fui les violences islamistes pour se réfugier au Kenya.

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