L′Allemagne veut un ″partenariat″ avec les pays africains | Vu d′Allemagne | DW | 18.01.2017
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Vu d'Allemagne

L'Allemagne veut un "partenariat" avec les pays africains

Le ministre de la Coopération Gerd Müller a présenté la nouvelle stratégie allemande pour l'Afrique. Le "plan Marshall" vise à offrir un avenir aux jeunes Africains afin d'endiguer l'émigration vers l'Europe.

Combattre la pauvreté en Afrique est non seulement une obligation morale pour des pays bien portants comme l'Allemagne, mais c'est aussi conforme à leur propre intérêt. Selon Gerd Müller, c'est un "pacte d'avenir" que propose l'Allemagne avec ce Plan Marshall – un plan "avec" l'Afrique et non "pour" l'Afrique, a-t-il tenu à souligner.

"Je mise sur des coopérations basées sur des valeurs. Mais nous avons aussi un intérêt mutuel. L'Allemagne et l'Europe ont intérêt à assurer la survie d'êtres humains, à limiter le changement climatique, à empêcher les vagues de migration et à façonner l'avenir de la jeunesse africaine."

La bonne gouvernance récompensée

Le plan de 33 pages prévoit des partenariats dans des domaines tels que l'éducation, le commerce ou l'énergie, un meilleur accès au marché pour les exportations africaines, la lutte contre l'évasion fiscale des multinationales mais aussi l'arrêt des flux financiers illégaux en provenance d'Afrique – une fuite qui aurait coûté l'an dernier plus de 47 milliards d'euros selon une estimation de l'Onu.

Gerd Müller veut améliorer la condition des femmes dans les pays africains

Gerd Müller veut améliorer la condition des femmes dans les pays africains

Le document souligne également le rôle que les gouvernements africains ont à jouer dans la lutte contre la corruption, la bonne gouvernance et l'amélioration de la condition des femmes. L'Allemagne est prête, selon Gerd Müller, à augmenter son aide directe de 20% aux pays qui entreprennent des réformes dans ce sens.

Autre volet, non négligeable, le rôle du secteur privé dans le développement de l'Afrique. Selon le ministre allemand, l'aide au développement doit servir de catalyseur pour attirer les investisseurs privés. Des garanties supplémentaires sur les crédits d'exportation sont envisagées pour inciter les entreprises allemandes à investir en Afrique.

Les entreprises allemandes attendent davantage

Actuellement, elles sont seulement un millier sur 400.000 à être présentes sur le continent. La corruption, l'instabilité politique et une bureaucratie excessives sont généralement citées comme obstacles par les investisseurs. Cristoph Kannengießer est président de l'Afrika-Verein, une association qui représente environ 600 entreprises allemandes actives en Afrique.

"Ce sont des points importants, en particulier tout ce qui peut faciliter la mobilisation de capital et d'engagement du secteur privé sur le continent. Mais le plan Marshall reste malheureusement assez vague sur ces questions. Or le secteur économique attend le développement d'instruments concrets et des propositions applicables."

Volkswagen-Werk im südafrikanischen Uitenhage (picture-alliance/dpa)

Volkswagen emploie environ 5600 personnes dans cette usine en Afrique du Sud

À Berlin, de nombreux experts restent sceptiques sur les chances de réalisation de la stratégie ministérielle. D'autant que certaines des propositions – telles que l'accessibilité du marché aux produits africains – ne relèvent pas de la compétence du gouvernement allemand, mais de l'Union européenne. Mais comme l'Allemagne occupe actuellement la présidence du G20, l'Afrique devrait avoir une place de choix sur l'agenda du prochain sommet. La question des fonds alloués à ce Plan Marshall sera un des principaux défis.

Des critiques affluent par ailleurs de la part de l'opposition. Le député allemand Uwe Kekeritz, porte-parole pour la politique de développement au sein du parti écologiste, dénonce ainsi "de grandes annonces vagues pour de petits changements", et aussi que le ministre mise davantage sur une hausse des investissements privés en Afrique que sur une véritable politique publique de coopération.

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