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Afrique

L’aide humanitaire s’organise en Centrafrique

Les efforts pour ramener la sécurité en Centrafrique peinent à porter leurs fruits. Sur le plan humanitaire, les agences internationales s'activent pour acheminer l'aide alimentaire.

L'arrivée des camions de ravitaillement à Bangui était attendue depuis plusieurs semaines

L'arrivée des camions de ravitaillement à Bangui était attendue depuis plusieurs semaines

Les renforts de la force française Sangaris sont arrivés jeudi dans la capitale, Bangui. Et vendredi, le président français François Hollande était en Centrafrique pour afficher son soutien aux soldats déployés. Un pont aérien a été mis en place par le Programme alimentaire mondial et des convois doivent distribuer des vivres par la route.

Plus d'aide alimentaire

Un convoi de près d'une centaine de camions chargés de vivres est parvenu à entrer dans Bangui, sous escorte militaire. Pour des raisons de sécurité, ces camions attendaient depuis des semaines à la frontière avec le Cameroun. L'arrivée du convoi a été un soulagement pour les déplacés qui vivent dans des conditions précaires, dans des camps improvisés près de l'aéroport de la capitale, dans des églises, des écoles et des mosquées. Le programme alimentaire mondial (PAM) a commencé à leur distribuer notamment des sacs de semoule de mais. Hervé Massi fait partie des déplacés bénéficiaires.

« Je suis le père de deux enfants. Dans notre famille, avec ma femme et mes enfants, nous sommes quatre. Pour nous quatre, on a 30 kilogrammes de semoule ce qui est insuffisant. On a 5 kilogrammes de soja et un litre et demi d'huile. Lorsque nous complétons avec un peu de farine de manioc, on peut tenir deux semaines. Mais si la personne n'a pas de moyens, cela ne peut pas faire deux semaines. »

La distribution de l'aide se poursuit sans les camps mais pour les déplacés cette aide alimentaire reste insuffisante

La distribution de l'aide se poursuit sans les camps mais pour les déplacés cette aide alimentaire reste insuffisante

Des défis à relever

Les organisations internationales n'étaient pas préparées à une crise d'une telle ampleur en Centrafrique. Les denrées alimentaires se font rares et les prix ont flambé sur les marchés. Par ailleurs les habitants ont peu d'argent, les salaires ne sont pas versés et les banques restent fermées. De plus, il y a de fortes chances que les prochaines récoltes soient compromises, comme l'explique Alexis Masciarelli, du Programme alimentaire mondial :

«Nous avons fait une étude et constaté que 90% des agriculteurs n'ont pas de semences pour la prochaine saison agricole. Nous sommes donc confrontés à une grave crise alimentaire. Nous voyons déjà les premiers signes de malnutrition, en particulier chez les enfants. Combien de temps cette crise va durer, personne ne peut le dire. Actuellement nous espérons que l'économie redémarre peu à peu. Il faudrait que les gens retournent au travail, gagnent de l'argent et que les marchés soient à nouveau ravitaillés. Nous avons eu l'année dernière déjà 1,3 millions de personnes souffrant de la faim avant le début de la crise. »

A partir du mois d'avril, la saison des pluies devrait commencer, ce qui aura pour conséquence de rendre les routes impraticables et compliquera probablement davantage l'acheminement de l'aide.

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