L′agriculture sans pesticides a-t-elle un avenir ? | Europe | DW | 15.01.2009
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Europe

L'agriculture sans pesticides a-t-elle un avenir ?

Alors que l'Union européenne vient d'interdire une liste de 22 pesticides, les agriculteurs français se demandent par quoi les remplacer. Tandis que le boom du bio en Allemagne se heurte à la faiblesse de la production

Un agriculteur bio en Allemagne

Un agriculteur bio en Allemagne

Le Parlement européen a voté mardi un texte prévoyant l’interdiction d’une vingtaine de pesticides en Europe, vint-deux substances cancérigènes, toxiques pour la reproduction ou avec des effets perturbateurs sur le système endocrinien et dont les autorisations ne devraient pas être renouvelées. Cette réglementation, qui entre en vigueur dès cette année, s’accompagne aussi d’une interdiction des pulvérisations aériennes. Le réseau d’ONG PAN (Pesticide Action Network) estime que la moitié des produits alimentaires vendus dans l’Europe contiennent des pesticides.

En Allemagne, les consommateurs sont de plus en plus nombreux à acheter des produits bio car ce sont les seuls garantis sans pesticides. Le succès est tel que la production ne satisfait pas la demande et aujourd’hui, l’Allemagne doit importer un tiers des produits bio consommés. Ceux-ci sont d’ailleurs très souvent vendus en grandes surfaces, voire même chez les discounter. Malgré tout, le paradoxe est que l’agriculture biologique ne représente que 5% des terres cultivées et les aides diminuent. Ce qui provoque la colère des petits producteurs.

Un reportage de Patrice Cuvier.

Dans un pays comme la France, troisième consommateur de pesticides dans le monde et premier dans l’Union européenne, la réduction des pesticides n’est pas un vain mot. Elle devrait entrer en vigueur non seulement par le biais de la directive européenne mais aussi par le plan Ecophyto présenté en conseil des ministres en septembre dernier. Ce dernier prévoit d’interdire les 53 molécules les plus dangereuses, et de réduire de moitié l’usage des pesticides d’ici 10 ans. En sachant toutefois que cet objectif est énoncé comme devant être réalisé « dans la mesure du possible. » Cet objectif laisse d’ailleurs les agriculteurs très perplexes. Ceux-ci disent attendre toujours les produits de substitution aux fameux pesticides.

Frédérique Lebel s’est rendue dans l’Oise, une région agricole du nord de Paris, dans une grande exploitation de 450 hectares, gérée familialement par Bruno Haas et son cousin.