La transmission du VIH recule au Cameroun | Dossier | DW | 01.12.2011
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Dossier

La transmission du VIH recule au Cameroun

Le Cameroun boucle aujourd'hui une semaine de lutte nationale contre le sida. Dans ce pays, la prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant semble avoir permis d'enregistrer des progrès. Reportage.

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Sur la Rue Foch au quartier Akwa à Douala, une ONG panafricaine féminine, la Swaa, affiche son engagement à prendre en charge les personnes vivant avec le VIH. C’est ici que nous rencontrons une jeune dame, 28 ans, dépistée séropositive il y a environ 5 ans, devenue entretemps mère d’un enfant et en attente d’un deuxième enfant : « Je suis séropositive depuis la classe de terminale. J’ai un enfant de trois ans déjà et j’en attends un deuxième. Juste parce que j’ai eu un partenaire qui m’a encouragée. Il ne m’a pas laissée. Nous sommes toujours ensemble. Mais lui, il est séronégatif ».

La transmission du VIH de la mère à l'enfant recule au Cameroun

La transmission du VIH de la mère à l'enfant recule au Cameroun

Juste à côté, une autre dame, 33 ans, dépistée séropositive il y a dix ans, qui s’est ensuite unie à un homme aussi séropositif : « Avec les conseils des médecins, on nous a dit que c’était possible de faire des enfants. Ce qui fait qu’aujourd’hui, j’ai deux enfants qui sont séronégatifs, qui sont bien portants. »

La prévention, clé de la réussite
Des séropositifs avec des enfants sains, c'est devenu une courant au Cameroun. La réussite passe par la prévention de la transmission mère-enfant du VIH avant et après l’accouchement, affirment les deux jeunes mamans. La première conseille : « dès que vous êtes au courant de votre statut, vous commencez immédiatement à suivre les visites. » La seconde témoigne : « Au courant de la première grossesse comme ce fut le cas avec ma première fille, on vous mettait sous traitement au troisième trimestre de la grossesse. Maintenant, c’est au deuxième trimestre qu’on vous met sous traitement des ARV (antirétroviraux, ndlr) ».
Dr. Mélanie Françoise Nzouatom

Dr. Mélanie Françoise Nzouatom

Même si les deux femmes séropositives, comme des milliers d’autres, procèdent encore par des relations sexuelles non protégées pour la procréation, les spécialistes recommandent l’insémination artificielle, afin d'éviter aux partenaires sains de se contaminer à terme. « Nous avons des cas de couples séro-discordants, où la femme est porteuse de VIH et le mari non, explique le Dr Mélanie Françoise Nzouatom, gynécologue obstétricienne à Douala. Dans ce cas, nous avons recours à d’autres méthodes qui consistent à prélever le sperme chez le mari et à l’injecter chez la femme, sans qu’il y ait rapport sexuel. »

Selon le ministère de la Santé, 7300 enfants naissent encore infectés du VIH chaque année au Cameroun, où 33 000 personnes sont mortes de Sida en 2010 alors que 100 000 autres sont en ce moment sous antirétroviraux. Le taux d’infection au VIH serait de 5% dans le pays, même si dans certaines régions on a franchi la barre de 8%.
Auteur : Henri Fotso
Edition : Anne Le Touzé

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