La théorie des dominos | International | DW | 15.02.2011
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International

La théorie des dominos

Après la Tunisie et l'Egypte, un vent de révolte semble se lever sur le Moyen-Orient. Des manifestations ont lieu en Algérie, au Maroc, au Yémen, au Bahreïn et même en Irak et en Arabie Saoudite.

Après le Tunisien Ben Ali et l'Egyptien Moubarak, quel peut-être le prochain sur la liste?

Après le Tunisien Ben Ali et l'Egyptien Moubarak, quel peut-être le prochain sur la liste?

S’il est possible de trouver des points communs entre ces mouvements, la variété des pays concernés fait qu'il n'est pas encore certain que nous assistions au début d'un grand jeu de dominos qui verrait les chefs d'Etat de ces pays arabes tomber les uns après les autres. Au rang des similitudes, il y a deux mots qu'on entend beaucoup : Facebook et Dégage ! « Dégage ! » c'est le mot français lancé par les manifestants tunisiens à l'ancien président Ben Ali et repris par les Egyptiens mais aussi par des manifestants en Algérie et au Yémen. Enfin, Facebook bien sûr, ce réseau social qui reste l'outil de mobilisation. Au cours des dix prochains jours, quatre manifestations sont prévues et l'appel au rassemblement a été à chaque fois lancé sur Facebook. Il y aura une manifestation jeudi en Lybie, samedi en Algérie, dimanche au Maroc puis le 25 février à Bagdad. Quant au Bahreïn il y a eu deux morts en deux jours et là encore, l'opposition a utilisé Facebook pour réunir ses partisans.

Le ministre algérien des Affaires étrangères a déclaré que l'Algérie n'était ni l'Egypte ni la Tunisie. Faut-il voir là une bravade ou bien est-ce qu'en effet la situation est plus compliquée dans ce pays? Sans doute les deux à la fois. L'Algérie connait des troubles depuis près de vingt ans. Mais la différence c'est que l'Algérie, pays producteur de gaz et de pétrole, est assise sur un matelas de 110 milliards de dollars et par conséquent, ce pays a les moyens de satisfaire les revendications des manifestants. Hélas, Alger a choisi de soigner ses policiers en augmentant leur solde de 50% avec effet rétroactif sur trois ans et cela ne va pas apaiser les manifestants.

Facebook s'est imposé comme un acteur essentiel dans les mouvements populaires arabes

Facebook s'est imposé comme un acteur essentiel dans les mouvements populaires arabes

Ecraser la contestation

Même chose aussi en Lybie et au Maroc. La Lybie commence à connaître les frémissements d'une contestation et en réponse, le chef d'Etat, Mouammar Kafhafi, a supprimé toutes les taxes sur les produits alimentaires. Lâcher du lest, c'est ce qu'a aussi fait le Maroc qui a injecté 1,4 milliards d'euros pour compenser la hausse des prix.

Enfin, il y a des pays où les situations sont beaucoup plus particulières : le Yémen et l'Arabie Saoudite. Les manifestants yéménites réclament le départ du président Ali Abdallah Saleh mais dans un pays où la moitié de la population possède une arme à feu on peut redouter une issue plus meurtrière. L'Arabie Saoudite dispose pour sa part de revenus pétroliers suffisants pour éviter le pire mais ce pays est empêtré dans une transition monarchique qui freine les réformes.

Enfin, il ne faut pas oublier l'Iran où l'opposition essaye de se relancer mais on sait depuis les troubles de 2009 que le régime n'hésite pas à écraser la contestation et on peut redouter un semblable scénario.

Auteur : Jean-Michel Bos

Edition : Cécile Leclerc

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