La politique allemande de développement s′offre un lifting | Allemagne | DW | 08.07.2010
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Allemagne

La politique allemande de développement s'offre un lifting

Le gouvernement a adopté une vaste réforme qui prévoit de réunir en une seule les trois organisations publiques de développement. Objectif : améliorer l'efficacité de la politique allemande de développement.

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Dans la malette de Dirk Niebel, la réforme de la politique de développement

Derrière la future « Société allemande pour la coopération internationale », qui aura ses bureaux à Bonn et à Eschborn, près de Francfort, se cachent donc trois organisations de coopération : le service allemand de développement (DED), la société de coopération technique (GTZ) et l'agence éducative « Inwent ». Trois organisations qui emploient actuellement 17.000 personnes en Allemagne et à l'étranger, et qui jouissent d'une bonne réputation à travers le monde.

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Comme le DED et Inwent, la GTZ va disparaître

Dirk Niebel, le ministre de la Coopération, veut profiter de cette réputation pour vendre à l'étranger l'expertise allemande en matière de coopération, tout en proposant une structure unique dans chaque pays partenaire. L'objectif affiché par le ministre est de rendre la coopération « plus ciblée, plus efficace, plus visible ». Mais le secrétaire d'Etat à la Coopération, Hans-Jürgen Beerfeltz, l'un des principaux artisans de la réforme, estime qu'il s'agit aussi de renforcer la responsabilité des pays partenaires :

« Cela doit être une réforme de l'extérieur vers l'intérieur. Nous allons tenter avec des projets pilotes dans certains pays de faire en sorte que ce ne soit pas en Allemagne que l'on décide de ce qui doit se faire en Ethiopie ou en Afrique du Sud. Les objectifs doivent être fixés sur place. »

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Les objectifs du millénaire visent une réduction de moitié de la pauvreté d'ici 2015... un objectif de plus en plus improbable

L'opposition dénonce une approche libérale

La réforme a récolté une pluie de critique de la part des partis de l'opposition, du centre à l'extrême-gauche. Car s'ils approuvent une restructuration de la coopération technique, ils reprochent au gouvernement de vouloir servir les intérêts de l'économie allemande plutôt que de lutter contre la pauvreté dans le monde. Heike Hänsel, porte-parole du parti Die Linke pour les questions de développement :

« Nous avons vu au cours des dernières décennies que miser sur la libéralisation du commerce et sur l'économie d'exportation a conduit à plus de pauvreté. La lutte contre la pauvreté doit impliquer un renforcement des structures publiques qui manquent dans de nombreux pays. Parallèlement, il faut permettre aux pays de développer leur propre économie. »

L'opposition reproche par ailleurs au gouvernement de s'éloigner définitivement de sa promesse de consacrer 0,7% du Produit intérieur brut à l'aide au développement, comme le prévoient les Objectifs du Millénaire de réduction de la pauvreté. Il faudrait pour cela augmenter le budget de trois milliards d'euros d'ici les cinq prochaines années. Or on ne voit pas la trace de cet objectif dans le projet de budget 2011.

Auteur : Anne Le Touzé
Edition : Aude Gensbittel