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Afro-presse (hebdomadaire)

La peur du médecin

Dans la presse allemande cette semaine: la méfiance de la population vis-à-vis des médecins à cause d'Ebola, la vie dorée de Mozambicains dans l'ex-RDA et le cinéma rwandais qui revient sur le génocide, 20 ans après.

Des membres de Médecins sans frontières chargés de la lutte contre le virus Ebola au Liberia

Des membres de Médecins sans frontières chargés de la lutte contre le virus Ebola au Liberia

L'avancée du virus Ebola en Afrique de l'Ouest inquiète fortement les journaux. « Les médecins meurent en voulant aider la population», rappelle la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Des soignants payent de leur vie leur engagement, comme le docteur sierra-léonais Omar Khan, 39 ans, et qui était l'un des principaux médecins qui luttaient contre ce fléau, souligne le journal. Trois infirmières de son centre ont déjà péri de la maladie quand d'autres ont été infectées.

La panique se répand, poursuit la Berliner Zeitung, qui rapporte qu'une foule en colère a voulu s'attaquer à un hôpital dans l'est de la Sierra Leone, où sont soignés des malades d'Ebola. Une ancienne infirmière avait répandu la rumeur que le personnel pratiquait des rites cannibales. En Sierra Leone ou au Liberia, le cannibalisme a été pratiqué pendant les violentes guerres civiles et les populations restent traumatisées.

Manger des chauves-souris est dangereux

Manger des chauves-souris est dangereux

L'épidémie a aussi été longtemps minimisée, déplore la Neue Zürcher Zeitung. Il n'y a pas si longtemps, le président guinéen se moquait de l'importance du virus. Alors que le budget du ministère de la Santé du pays a baissé ces dernières années. Les soignants avec leur tenue qui recouvre tout le corps inquiètent les habitants. La méfiance est forte. En Sierra Leone, un entrepôt du ministère de la Santé a été incendié car on pensait que les médicaments répandaient le virus. Les habitudes sociales et culinaires sont aussi malheureusement en cause, note le quotidien: manger des chauves-souris ou la viande de singe, mais aussi laver le corps des défunts et les étreindre une dernière fois. Il faut avant tout une bonne information et de la prévention pour tenter de juguler cette terrible épidémie.

Des médicaments non testés sur l'homme

Des chercheurs plaident pour l'utilisation de médicaments contre l'épidémie qui n'ont pas encore été testés sur des humains, mais seulement sur des animaux, rapporte la Süddeutsche Zeitung. Des expérimentations ont été prometteuses, alors pourquoi ne pas administrer ces remèdes potentiels à des malades, dont la chance de survie est malheureusement faible ? Deux points de vue s'opposent : d'un côté, l'opinion selon laquelle, il vaut mieux tenter quelque chose plutôt que de ne rien faire. Et de l'autre, la crainte des ONG sur place comme Médecins sans frontières. « Nous sommes déjà suspectés de vouloir contaminer les habitants, explique un responsable. Si on donnait un médicament et que le patient décédait, la situation serait encore pire ». La Süddeutsche Zeitung rappelle que pour l'Organisation mondiale de la santé utiliser des vaccins expérimentaux est contraire à l'éthique et imprudent. De plus, si des programmes de recherche ont été menés aux États-Unis, c'était dans le cadre de la lutte contre le terrorisme biologique. Ce n'est pas suffisant pour mettre au point un vaccin, souligne le quotidien.

La vie dorée de jeunes Africains en ex-RDA

Un étudiant angolais venu étudier en ex-RDA, à Chemnitz

Un étudiant angolais venu étudier en ex-RDA, à Chemnitz

Le quotidien de Munich s'intéresse aussi à la vie de jeunes Mozambicains dans l'ex-Allemagne de l'est communiste des années 80. « Nous étions jeunes et beaux », titre le journal. Il relate les épisodes de « cette vie dorée de jeunes travailleurs invités sous le marteau, le compas et la couronne de blé », comme on pouvait le voir sur le drapeau de l'ancienne République démocratique d'Allemagne. Le reporter a rencontré à Maputo, la capitale du Mozambique, Juma Madère, 51 ans. En 1981, il s'envole pour Chemnitz, bourgade industrielle de la RDA. « Nous allions dans les discothèques, j'avais des petites amies», dit-il nostalgique, en montrant une photo de lui où il pose à côté d'une voiture, comme une pop-star. C'était la liberté, l'alcool, les fêtes, à côté du travail dans l'usine de motos.

À l'époque, le gouvernement mozambicain a envoyé ses meilleurs étudiants se former à Cuba ou en RDA. Après les Vietnamiens, les Mozambicains et les Angolais étaient le deuxième groupe le plus nombreux de ce qu'on appelle «Gastarbeiter», les «travailleurs invités». Ils étaient 20 000. Mais suite à la chute du Mur de Berlin et à la réunification de l'Est et de l'Ouest, seuls les travailleurs invités occidentaux ont pu rester. « Je pense tous les jours à l'Allemagne. J'y retournerais volontiers », s'exclame Juma Madère. Dans un parc de Maputo, des anciens travailleurs lèvent tous les jours le drapeau de la RDA. Et pourtant, tout ne fut pas si rose dans la dictature communiste : les Mozambicains ont été moins bien payés que d'autres travailleurs qui recevaient des marks ou des dollars, note la Süddeutsche Zeitung.

Des films pour parler du génocide

Le festival du Film de Kigali tente de revenir sur le génocide du Rwanda, 20 ans après le drame. Le journaliste de la Frankfurter Allgemeine Zeitung s'est rendu à Kigali, où existe le seul multiplexe de cinéma du Rwanda. Les jeunes artistes, cinéastes et musiciens essayent de créer et de faire face au traumatisme du génocide. Au pays des mille collines, existe désormais le « Hillywood ». Pour Eric Kabera, le fondateur du Festival du film de Kigali, « les films peuvent avoir un effet thérapeutique, car ils amènent les gens à se réconcilier avec eux-mêmes», est-il écrit.

Une scène du film rwandais «Imbabazi - Le Pardon» sur le génocide

Une scène du film rwandais «Imbabazi - Le Pardon» sur le génocide

Des productions locales sont tournées, notamment au Kwetu Film Institute, dont le réalisateur allemand Volker Schlöndorff est partenaire. Des étudiants apprennent à tourner, monter, imaginer des œuvres. Comme Samuel Karemangingo, 22 ans à peine. Son film « Crossing lines » raconte la souffrance des survivants des massacres, de ceux qui ont perdu des proches mais aussi des bourreaux, qui doivent vivre avec les atrocités qu'ils ont commises, rapporte le quotidien de Francfort. Mais la production cinématographique reste compliquée dans le pays. Beaucoup de sociétés de production se contentent de feuilletons et de comédies. Et les films rwandais sur le génocide ont plus de succès lorsqu'ils passent dans des festivals à l'étranger comme à New York, Varsovie ou Milan, que dans leur propre pays. Mais les spectateurs rwandais sont avides de voir ces productions, note la FAZ. Ainsi à Rwamagana, à une heure de Kigali, il y avait foule pour assister à la projection sur un écran, installé sur un terrain de foot. Un jeune spectateur l'assure : « Ici, chacun pense au passé ».

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