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Allemagne

La NSA "de mèche avec les Allemands"

Edward Snowden, toujours bloqué à l'aéroport de Moscou, a accordé une interview à l'hebdomaire Der Spiegel. Ses révélations sur les liens entre la NSA et le BND allemand mettent le gouvernement en situation difficile.

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Le siège du BND, à Pullach près de Munich

L’ancien consultant de la NSA (National Security Agency), qui a révélé l'existence d'un système d'espionnage systématique des pays européens par les États-Unis, a accordé une interview (à lire en allemand) à l'hebdomadaire allemand Der Spiegel. Par les "Allemands", Edward Snowden entend les services secrets allemands. Pourtant, la semaine passée encore, devant une commission parlementaire à Berlin, les services allemands déclaraient ne rien savoir et n’avoir jamais entendu parler de "Prism", le programme d’espionnage américain.

La dérive des services américains

Le président de la commission de contrôle parlementaire, le député social-démocrate Thomas Oppermann, reste sceptique. 500 millions d’appels téléphoniques et de courriels en Allemagne contrôlés chaque mois par la NSA américaine et les services allemands n’en savent rien ?

Geschäftsführer SPD Bundestagsfraktion Thomas Oppermann

Thomas Oppermann, président de la commission de contrôle parlementaire des services secrets au Bundestag

« Que personne n'ait été au courant, cela je ne peux pas me l’expliquer. En tout cas, les activités secrètes des États-Unis ont complètement dérapé ! »

Selon le publiciste et expert des services secrets Erich Schmidt-Eenboom, le BND (les services allemands du renseignement extérieur) est très vraisemblablement non seulement au courant des activités des services américains, mais il profite aussi de cette surveillance tous azimuts :

« C’est le cas dans la lutte contre le terrorisme international. Là, les services techniques de renseignement des États de l’Otan coopèrent étroitement et avec succès. Le BND en tire un grand profit et c’est une raison pour laquelle on n’étale pas en public d’éventuelles atteintes aux droits fondamentaux commises par des services partenaires. »

Erich Schmidt-Eenboom

Erich Schmidt-Eenboom, directeur de l'Institut de recherche pour la paix de Weilheim

Un groupe islamiste arrêté en Allemagne

La plupart des experts partagent cette analyse, car les services allemands sont dépendants de ce genre de coopération, ne disposant ni des ressources humaines et financières nécessaires, ni de droits aussi étendus que ceux d’autres services secrets.

Erich Schmidt-Eenboom rappelle l’exemple du "groupe Sauerland", un groupe islamiste sur le point de commettre de graves attentats en Allemagne. L’existence de ce groupe avait été dévoilée par les services américains lors de leur surveillance de données sur internet. Ils ont immédiatement donné l’alarme aux services partenaires allemands. Les candidats terroristes avaient alors été débusqués et arrêtés.

Autre forme de coopération : la NSA aurait mis à la disposition du BND des programmes permettant de filtrer des informations venant de réseaux internet étrangers. Le président de la commission parlementaire, chargée de contrôler le travail des services secrets veut maintenant en savoir plus.

« Nous voulons enfin savoir si ce qu’a dit Snowden est vrai, explique Thomas Oppermann. Il n’est pas possible que pendant des semaines Snowden soit le seul à référer sur cette affaire et que nous ne puissions pas faire toute la lumière avec les Américains sur ce qui se passe vraiment. »

Ces jours-ci, de hauts fonctionnaires du gouvernement et des services de renseignement allemand, ainsi que le ministre allemand de l’Intérieur Hans-Peter Friedrich sont à Washington pour faire le point sur ce sujet.

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