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Afrique

La nouvelle loi électorale prépare la victoire de Kenyatta au Kenya

La nouvelle loi exclut tout candidat qui se retire d’une élection présidentielle organisée suite à l'invalidation du précédent scrutin. Conséquence : l'autre candidat resté en lice est automatiquement déclaré vainqueur.

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"Il y a eu des aspects sur lesquels la Cour suprême s'était prononcée et qui n'ont pas été pris en compte." (Carole Agengo)

Le nouveau texte adopté consacre aussi la suprématie des résultats transmis manuellement sur ceux transmis électroniquement en cas d'écart entre les deux mode de comptage.

Or, c’est justement sur le mode de décompte des voix que portait la contestation de Raila Odinga devant la Cour de justice et qui a abouti à l’invalidation du scrutin du 8 août dernier. 

"Il y a eu des aspects sur lesquels la Cour suprême s'était prononcée et qui n'ont pas été pris en compte. Et dans ce cas là, les fraudes allaient continuer. Monsieur Odinga a lutté contre beaucoup de choses qui nous ont amenés à une nouvelle constitution. Il ne s'agit pas de lui-même, mais du bien du pays", a expliqué à la Deutsche Welle, Carole Agengo, qui a été membre de la Commission d'enquête sur les violences post-électorales de 2007 et 2008 au Kenya.

C'est pourquoi, Raila Odinga conditionne sa participation au scrutin du 26 octobre par une réforme en profondeur de l'IEBC, la commission électorale nationale.

Nombreux sont ses partisans qui partagent cette position, ils ont manifesté ce matin à Mombasa, la deuxième ville située au sud-est de Nairobi, la capitale: "Je suis heureux que Raila Odinga ait pris cette décision de ne pas aller livrer un match de football sur un terrain couvert d'épines", analyse Carole Agengo, "la décision de se retirer de l'élection est juste et importante parce que s'il avait attendu il n'aurait pas pu contrôler la situation."

Ajoutons que l'introduction du vote électronique avait été décidée après les élections de fin 2007 qui ont abouti à des violences politico-ethniques meurtrières qui se sont soldées par des milliers de morts et un pays profondément divisé.

Violentes manifestations

Comme à l’accoutumée, l'opposition est de nouveau descendue dans la rue ce mercredi au lendemain de l’annonce du retrait de son leader, Raila Odinga de l'élection présidentielle du 26 octobre.

Les manifestations ont eu lieu à Kisumu et Homa Bay, des villes  situées dans l'ouest du pays  et considérés comme des bastions de l'opposition. Après avoir érigé des barricades, les manifestants ont scandé des slogans appelant à des réformes du système électoral avant la tenue du scrutin du 26 octobre.

Après moult hésitations, l'opposition a saisi la Cour suprême du Kenya qui a invalidé le 1er septembre dernier  la réélection du président sortant, Uhuru Kenyatta, avec 54,27% des voix, contre 44,74% pour Raila Odinga.

Dans son arrêt, la Cour a invoqué des irrégularités dans la transmission des résultats et accablant l'IEBC, la commission électorale.

 Cet arrêt  historique de la Cour suprême  est une première en Afrique, et le courage des juges avait été salué dans le monde.

 

 

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