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Migration

La migration sans détours et sans tabous

En partenariat avec Radio Kledu, la DW a animé un débat à Bamako. L'initiative, soutenue par le ministère allemand des Affaires étrangères a permis de réfléchir sur les espoirs et les défis des jeunes Africains.

Écouter l'audio 02:09

"L'immense majorité de ces jeunes ne prendraient pas le risque de partir s'ils avaient davantage de chances" (Aminata Traoré)

Au départ, il y a les larmes de Salif. Carreleur à Bamako, ce jeune peine à joindre les deux bouts. Entre deux chantiers, il faut compter sur la solidarité des autres pour vivre. Insupportable, dit-il, quand on veut garder sa dignité. "Tu rentres dans la famille. Tu vois les enfants, la maman ... tu veux faire quelque chose pour la famille mais tu n'as rien". Le choix de Salif est fait : il veut quitter le pays !

Salit veut partir. Il ne voit pas ce que le Mali peut lui offrir comme perspectives

Salit veut partir. Il ne voit pas ce que le Mali peut lui offrir comme perspectives

Partir ou rester, le débat est donc lancé avec des invités loin d'être sur la même longueur d'onde. Tant que les conditions au pays ne s'améliorent pas, même ceux qui sont de retour restent des candidats au départ, soutient Ousmane Diarra, directeur de l'Association malienne des expulsés.

Partir ou rester, c'est souvent mourir

Pour l'enseignant-chercheur Etienne Fakaba Sissoko, qui est aussi activiste et blogueur, il n'y a d'ailleurs pas de dilemme puisque rester est souvent synonyme de mourir. Il met en cause les politiques économiques des Etats africains. Un avis que partage Aminata Dramane Traoré. Pour l'ancienne ministre et altermondialiste, l'émigration n'est qu'une des conséquences de la crise d'un modèle de développement : "L'immense majorité de ces jeunes ne prendraient pas le risque de partir s'ils avaient davantage de chances, qu'ils aient fait des études ou pas, d'accéder à un emploi, même dans le secteur informel, pour subvenir à leurs besoins".  

Côté gouvernement, on tente de se défendre

Accusés de ne rien faire ou presque pour les candidats au départ et autres rapatriés, les représentants des départements ministériels paraissaient, eux, sur la défensive. Boulaye Keita conseiller technique au ministère des Maliens de l’extérieur : "L'insertion pour les candidats potentiels, ceux qui veulent aller. Mais aussi la réinsertion pour ceux qui sont venus de la migration, c'est l'un des axes majeurs de la politique nationale de migration. C'est l'axe 3. Dans l'axe 3, l'ambition du gouvernement c'est d'appuyer toutes les initiatives locales des jeunes". 

Durant deux heures, les invités ont échangé, face à un public très intéressé, sans pour autant pouvoir infléchir leurs positions. Si tous sont d'accord sur un point, c'est bien la nécessité de développer le continent. 

Bonus Audio : Retrouvez ci-dessus le reportage de Yaya Konaté, notre correspondant à Bamako. 

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