La mère de l′écologie en Afrique | Afro-presse (hebdomadaire) | DW | 30.09.2011
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Afro-presse (hebdomadaire)

La mère de l'écologie en Afrique

Les journaux allemands rendent hommage à la Kenyanne Wangari Maathai. La première - et jusqu'à présent unique femme africaine - à avoir reçu le prix Nobel de la paix est morte à l'âge de 71 ans.

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Wangari Maathai en 2006 aux Etats-Unis

La Frankfurter Allgemeine Zeitung rappelle qu'elle a toujours été la première: la première Est-Africaine à obtenir son doctorat, la première à enseigner à l'université dans son pays, puis à diriger un département universitaire. Son combat contre la destruction des forêts au Kenya lui a valu le prix Nobel de la paix en 2004. Grâce au mouvement qu'elle avait créé, le Mouvement de la ceinture verte, 45 millions d'arbres, note le journal, ont été plantés ces 35 dernières années, dans d'innombrables pays africains. Pour die tageszeitung, le parc Uhuru de Nairobi, véritable poumon vert de la métropole kenyanne, restera un monument à la gloire de Wangari Maathai. En 1989, rappelle le journal, le président Moi voulait détruire le parc pour y construire des immeubles. Wangari Maathai avait mené la contestation avec succès. Ce fut la première manifestation citoyenne réussie contre la dictature de Daniel arap Moi. Et ce ne fut pas non plus la dernière fois, lit-on dans le Tagesspiegel, que Wangari Maathai eut maille à partir avec le pouvoir parce qu'elle voulait sauver des arbres. Si la forêt de Karura, près de Nairobi, existe encore aujourd'hui, si la vente de ce domaine public par des politiciens corrompus a pu être stoppée, c'est aussi grâce à l'action de Wangari Maathai. Pour celle qui fut l'une des premières écologistes africaines, la misère sociale et la destruction de l'environnement étaient étroitement liées, ajoute le journal.

Unruhen in Abidjan

Abidjan, décembre 2010

La vérité comme outil de réconciliation

La Côte d'Ivoire fait aussi parler d'elle cette semaine dans la presse allemande. La raison en est la mise en place de la commission pour le dialogue, la vérité et la réconciliation. Cette commission, écrit la Süddeutsche Zeitung, fera tout remonter à la surface, : l'horreur, le traumatisme, la douleur. Mais c'est inévitable si cette nation meurtrie veut trouver un jour la paix. La commission passe pour un test important de la capacité des camps ennemis de surmonter peu à peu la profonde division du pays. Elle est un début, estime aussi le journal. Il importera de prendre des décisions importantes. Quels crimes devront être poursuivis et punis par la justice? La commission pourra-t-elle accorder l'amnistie? Si oui, pour qui et pour quels actes? Il est un homme, poursuit le journal, qui sait comment réconcilier une nation. Il vient du sud du continent. C'est l'évêque Desmond Tutu. Comme Nelson Mandela il a inlassablement oeuvré à panser les blessûres ouvertes par le régime d'apartheid en Afrique du sud. Et Mgr.Tutu, note le journal, a mis en garde contre une justice de vainqueur en Côte d'Ivoire, selon lui elle saperait toute paix réelle et durable.

Namibia Geschichte Deutsch-Südwestafrika Gefangene Hereros

Hereros capturés en 1904/05

Rétablir la dignité d'un peuple

Et puis un premier pas sur le chemin de la justice, c'est ce que l'Allemagne va accomplir en rapatriant en Namibie des crânes de victimes du génocide des Hereros et des Namas. La presse s'en fait évidemment l'écho. Des crânes d'êtres humains, sans nom, exposés dans des vitrines - ce sont les témoins, écrit le Tagesspiegel, d'un passé allemand douteux et d'une recherche scientifique restée longtemps inconnue. Ce sont les restes humains de victimes de la guerre coloniale allemande, menée de 1904 à 1908 en Namibie. Depuis des années les descendants des Hereros et des Namas tués par les Allemands réclamaient la restitution de ces crânes. Ce sera bientôt chose faite, écrit le journal. Une délégation de 60 Namibiens est à Berlin pour prendre possession de vingt crânes sur les 3 000 qui seraient en Allemagne. L'histoire coloniale rattrape l'Allemagne, poursuit le journal qui rappelle qu'une véritable campagne d'extermination fut menée contre les Hereros et les Namas dans ce qui était alors la colonie allemande du Sud-Ouest africain. 80% des 80 000 Hereros et 10% des 20 000 Namas qui s'étaient joints à l'insurrection contre la présence allemande trouvèrent la mort. Mais souligne le journal, les convoitises allemandes ne se limitaient pas à la terre et à ses richesses. La colonie allemande intéressait aussi la recherche scientifique. L'Allemagne voulait édifier à l'époque une "archive des races". Il s'agissait, en mesurant les crânes, de prouver la supériorité de la race blanche. Dans les camps de travail, des femmes furent contraintes de dépouiller les crânes de leurs cheveux et de leur peau à coup d'eau bouillante et de tessons de verre. Pour le président du comité des Hereros, le rapatriement des crânes est un premier pas vers le rétablissement de la dignité de leurs ancêtres. Ce qui manque encore, conclut le journal, ce sont des excuses officielles de l'Allemagne.

Somalia Flüchtlingslager in Mogadishu

Camp de déplacés à Mogadiscio

Dilemme en Somalie

Enfin la Somalie reste présente dans les colonnes de la presse allemande.

Avec notamment un article paru dans la Süddeutsche Zeitung sous le titre "Mortel dilemme". Le dilemme, selon le journal, il est posé par la volonté de lutter simultanément contre le terrorisme et contre la faim. Les Etats-Unis, souligne le journal, sont fixés depuis des années sur le combat contre le groupe al-chebab, lié à al-Qaida. D'innombrables extrêmistes de la région ont été tués, parmi eux des personnages clés comme Fazul Abdullah Mohamed, un Comorien considéré comme l'organisateur des attentats de 1998 contre les ambassades américaines. Mais la stratégie anti-terroriste, qui a remporté des succès ponctuels, a eu aussi de tout autres effets. Car cette lutte n'a laissé pratiquement aucun espace pour des stratégies de développement à long terme qui pourraient aider la population somalienne à mieux s'armer contre les périodes de sécheresse.

Auteur: Marie-Ange Pioerron
Edition: Fréjus Quenum

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