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Archives Afrique

La Guinée-Bissau dans l'incertitude

Tentative de coup d’état ou putsch militaire confirmé ? Depuis hier la Guinée Bissau vit de nouvelles heures sombres. Les militaires contrôlent la capitale, le sort du Premier ministre Carlos Gomes Junior est incertain.

Depuis hier soir, la Guinée-Bissau est dans l'incertitude. La résidence du Premier ministre Carlos Gomes Junior, attaquée dans la soirée par des soldats, est toujours sous haute surveillance militaire. La circulation des transports en commun a été interrompue, l'aéroport fonctionne au ralenti, les magasins sont fermés et la radio nationale ne diffuse plus que de la musique militaire.

La résidence du Premier ministre a été attaquée hier soir à la roquette

La résidence du Premier ministre a été attaquée hier soir à la roquette

Dans un communiqué, les soldats ont justifié leur soulèvement par la découverte d'un "accord militaire secret" qui aurait été signé à la fois par le Premier ministre Carlos Gomes Junior et le président intérimaire Raimundo Pereira, le gouvernement de Guinée-Bissau et celui d'Angola. Ils dénoncent une tentative de légitimer la présence des troupes angolaises de la Missang déployées dans le pays depuis 2011.

Le processus électoral suspendu

Ce coup de force survient alors que le pays, qualifié par l'ONU de "narco-Etat" à cause du trafic de drogue, et qui souffre d'une instabilité chronique, est en plein processus électoral. Les Bissau-Guinéens s'apprêtaient en effet à voter pour le second tour de l'élection présidentielle, prévu le 29 avril prochain. Lors du premier tour, qui s'est déroulé le 18 mars, Carlos Gomes Junior a presque obtenu la majorité absolue.

Carlos Gomes Junior a-t-il été arrêté?

Carlos Gomes Junior a-t-il été arrêté?

A l'heure actuelle, son sort reste d'ailleurs incertain. Selon des rumeurs, il aurait été tué dans l'attaque de sa résidence hier soir. Mais d'après son épouse, il aurait été arrêté et envoyé vers une destination encore inconnue.

Un coup de force téléguidé ?

D'autres rumeurs font le lien entre ce coup de force militaire et l'ancien chef d'Etat Kumba Yala. Celui-ci devait affronter Gomes Junior lors du second tour de la présidentielle, mais il avait menacé de boycotter le scrutin en raison de "fraudes massives" constatées lors du premier tour. Quelques heures avant le début des événements, il avait affirmé avoir des liens étroits avec les militaires majoritairement du même groupe ethnique que lui.

Condamnations internationales

Et parmi les réactions internationales après ce qu'on qualifie encore de "tentative de coup d'Etat", la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest  a condamné le "coup de force". Les Etats-Unis réclament le retour à un pouvoir civil et le Portugal appelle la communauté internationale à adopter une position ferme pour condamner cette "tentative de coup d'Etat" dans son ancienne colonie.

Ecoutez ci-dessous l'analyse d'Alix Pierre, spécialiste en relations internationales, joint à Bissau par Cécile Leclerc.

Auteur : Isaac Dosso
Edition : Anne Le Touzé, Sandrine Blanchard

Écouter l'audio 01:56

"Les militaires ne disent rien de concret" (Alix Pierre, spécialiste en relations internationales)

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