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Dossier spécial

La fuite des cerveaux a aussi (un peu) du bon

Les diplômés africains sont nombreux à partir à l'étranger pour trouver des emplois mieux payés que dans leurs pays d'origine. Un phénomène souvent présenté comme négatif, mais qui présente quelques avantages.

Pour les pays en développement, la fuite des cerveaux est un véritable problème. Selon la Banque mondiale, l'Afrique perd ainsi quelque 23.000 diplômés chaque année. Un groupe de chercheurs canadiens a calculé que l'émigration de médecins et personnels médicaux qualifiés coûte aux pays d'Afrique subsaharienne deux milliards de dollars par an, ce qui correspond au montant investi dans leur formation.

Un phénomène aux multiples facettes

Ces analyses ne prennent toutefois en compte que les inconvénients du phénomène de la fuite des cerveaux, alors qu'il a aussi quelques avantages. Lorsqu'on considère, par exemple, que chaque année les émigrés envoient à leurs familles deux fois plus d'argent que le montant total de l'aide au développement, on se rend compte de l'un des côtés positifs du phénomène.

Pendant leur formation, les étudiants tissent souvent un réseau de contacts qui leur sera utile par la suite

Pendant leur formation, les étudiants tissent souvent un réseau de contacts qui leur sera utile par la suite

Un autre aspect positif est la "migration circulaire". Cela signifie que les certaines personnes, après quelques années passées à l'étranger, rentrent dans leur pays. Elles y travaillent et peut-être même y investissent l'argent qu'elles ont économisé. Selon Stefan Angenendt, de la fondation allemande Sciences et politique, il y en a même qui font la navette entre leur pays d'origine et l'Europe.

« Cela est dû à l'amélioration des possibilités de migration. Il y a aujourd'hui des possibilités moins chères de voyager. Les émigrés ont tissé des relations dans les pays développés, ce qui fait que les émigrations de courte durée ne posent plus de problème pour eux. »

Cette mobilité est toutefois largement limitée par les législations sur l'immigration dans les pays qui accueillent les travailleurs migrants.

Gunilla Fincke

Gunilla Fincke

Le triple avantage de la migration circulaire

Gunilla Fincke, de la Fondation allemande pour l'Intégration et la Migration, voit en la migration circulaire un triple avantage. D'abord, elle profite à l'émigré lui-même, en ce sens qu'« il gagne plus dans le pays d'accueil que dans son pays d'origine. Il peut poursuivre sa formation et sera au bout du compte très qualifié. Et naturellement il peut aussi nouer des contacts, qui probablement lui seront utiles lorsqu'il retournera dans son pays ».

Le deuxième avantage de cette migration circulaire est que le pays d'accueil tire aussi profit des expériences de l'émigré. Le troisième avantage - et celui qui mérite d'être renforcé - revient au pays d'origine. Car, après un certain nombre d'années de formation et d'expérience professionnelle, une partie des travailleurs migrants rentrent pour être utiles à leur pays.

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