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Vu d'Allemagne

La fin de l'ère nucléaire en Allemagne

La centrale nucléaire de Stade, en Basse-Saxe, ferme ses portes aujourd'hui, après 31 ans d'activité. Cette fermeture est la première d'une longue série : 19 grandes centrales seront abandonnées d'ici 2021. Tout cela est prévu par l'accord signé en juin 2001 entre le gouvernement rouge-vert et les groupes producteurs d'énergie nucléaire, un accord sur la sortie progressive de l'Allemagne du nucléaire. Un sujet largement traité par les journaux du jour.

« Ecoutez les bulletins spéciaux à la radio. Ne buvez pas d'eau venue de dehors. Si le nuage que l'on ne voit pas, que l'on ne peut ni toucher ni sentir, s'approche de chez vous, fermez tout hermétiquement. Attendez l'évacuation dans le calme. Et surtout, en partant, fermez bien votre porte à clef.» Des conseils donnés par la ville de Stade à la population lors de l'ouverture de la centrale, dans les années 1970 et qui sont rappelés par la Frankfurter Rundschau . En fait, rappelle le journal, la centrale aurait pu rester en activité jusqu'en 2004, mais le groupe Eon a décidé de la fermer avant la date butoir parce qu'elle n'était plus rentable, avec la concurrence accrue du marché ces dernières années. Après des années d'âpres discussions et de protestation des organisations pour la protection de l'environnement, finalement, l'abandon du nucléaire à Stade n'est pas du tout spectaculaire, note le journal. Bien sûr, chez les Verts, c'est la fête, on fait sauter les bouchons de mousseux. Mais l'industrie doit maintenant inventer l'approvisionnement en courant du futur.

La Süddeutsche Zeitung publie quant à elle une interview du ministre vert de l'environnement, Jürgen Trittin. Le ministre, qui parle de la fin de l'ère nucléaire, se dit persuadé qu'il n'y aura plus de centrales nucléaires en activité en Allemagne d'ici 2020. Il explique par ailleurs que les questions environnementales ne sont pas la seule motivation pour l'abandon du nucléaire. Les raisons sont aussi économiques : l'éolienne est désormais plus rentable que l'atome. Dans un autre article, le journal se pose la question du devenir des lieux. Une démolition totale est difficile, et surtout très onéreuse : jusqu'à près d'un milliard d'euros.

La Frankfurter Allgmeine Zeitung rappelle pour sa part qu'il faut songer, avant de crier victoire, que près de la moitié du courant électrique en Allemagne provient des centrales nucléaires. Et, une fois les arguments écologiques et économiques mis de côté, il va falloir trouver comment produire autrement la même quantité d'électricité. Un rendement qu'il ne faut toujours pas attendre des formes alternatives de production d'énergie. D'où la nécessité, conclut le quotidien conservateur, de « l'abandon de l'abandon » du nucléaire, c'est-à-dire la reprise, voulue notamment par la CDU. De l'avis du journal, il est toutefois bon de stopper les vieux réacteurs, mais il faudrait aussi en construire de nouveaux, comme c'est prévu en Finlande. La FAZ explique que non, cette perspective n'est pas réjouissante, mais quelle est raisonnable.

Et la Handelsblatt de Düsseldorf va même jusqu'à supputer que dans dix ans, au vu des répercussions économiques de l'abandon du nucléaire, ce seront peut-être les écologistes eux-mêmes qui plaideront pour la reconstruction des centrales.
  • Date 14.11.2003
  • Auteur Sandrine Blanchard
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