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Afrique

La famille Rwigara dénonce une mise en scène

Après avoir été convoquées, Diane Rwigara et ses proches ont été assignés à résidence. Lundi, la police rwandaise est entrée de force chez elle, car la famille Rwigara aurait refusé de répondre aux convocations.

Écouter l'audio 01:46

"Vous nous avez enfermées ici. Comment pouvions-nous venir?" (Diane Rwigara)

Une photo montrant des policiers monter à l'aide d'une échelle au dessus du portail du domicile des Rwigara fait le tour de la toile. Trois femmes, Diane Shima Rwigara, Anne Uwamahoro et leur mère, Adéline, ont été conduites ce lundi au département des investigations criminelles, le CID, pour subir un interrogatoire. 

Diane Rwigara doit répondre aux accusations de contrefaçon pour utilisation de fausses signatures, tandis que le reste de la famille est accusé d'évasion fiscale. Si la police a été contrainte de grimper au dessus du portail, c'est pour une raison assez particulière. C'est ce qu'explique Theos Badege, le porte-parole de la police :" Ne pas répondre à trois convocations consécutives renvoie à l'option d'amener quelqu'un de force et c'est ce que nous avons fait".

Janvier Rwagatare, l'avocat des Rwigara, explique ce qui aurait poussé ses clientes à ne pas répondre à la convocation à temps : "Vendredi, au département des investigations criminelles, on avait convenu que mes clients seraient à l'appel lundi à 9h. Mais ensuite Anne m'a dit qu'elles n'étaient pas assez prêtes."

Le soir même de l'arrestation, dans un échange houleux avec la police, Diane Rwigara et les siens ont essayé d'expliquer qu'elles n'ont jamais refusé de répondre : "Vous nous avez enfermés ici et vous avez pris tout notre argent et nos téléphones. Comment pouvions-nous venir? Partons quand même, mais arrêtez de mentir à la presse."

Ses proches se sont dit soulagés de voir l'opposante en vie mais dénoncent une mise en scène :"Il est inhabituel pour la police rwandaise de prendre des photos et une vidéo lors de l’arrestation. Néanmoins, lors de l’arrestation de la famille de Rwigara, la police a enregistré tout le scénario comme preuve. Il s'agissait clairement d'une tentative de légitimer leur fausse arrestation de la famille Rwigara détenue illégalement à leur domicile."

Après avoir été interrogées, Diane Rwigara et sa famille ont regagné leur domicile et le soir la police a tout de suite twitté qu'elles avaient été escortées jusque chez elles. 

La justice rwandaise reproche à Diane Rwigara l'usage de faux documents - de fausses signatures en l'occurence - pour sa candidature à la dernière élection présidentielle. Enfin, l'Etat rwandais accuse sa famille d'évasion fiscale.

Écouter l'audio 09:36

Écoutez l'intégralité de l'interview avec Thomas Nahimana au micro d'Éric Topona

Mais pour l’Abbé Thomas Nahimana, opposant rwandais en exil, les vraies raisons des ennuis de la famille Rwigara sont aillleurs. Elles remonteraient à un accord passé entre le père de Diane Rwigara et Paul Kagamé, avant son accession au pouvoir.

En janvier dernier, l’Abbé Thomas Nahimana a été empêché de rentrer à Kigali où il comptait déposer ses dossiers de candidature dans la perspective de l’élection présidentielle du 8 août remportée par Paul Kagame. Quant à Diane Rwigara, elle est la fille d'Assinapol Rwigara, un riche homme d’affaire rwandais décédé en 2015 dans un accident de la route. Dans les années 1990, il avait largement financé  la rébellion du FPR, le Front patriotique pwandais. Depuis la disparition de son père en février 2015, Diane Rwigara a pris ses distances avec le FPR et Paul Kagame.

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