La droite en mauvaise posture dans le Bade-Wurtemberg | Allemagne | DW | 25.03.2011
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Allemagne

La droite en mauvaise posture dans le Bade-Wurtemberg

Les régions de la Rhénanie-Palatinat et le Bade-Wurtemberg renouvellent leur parlement régional ce dimanche. Dans le Bade-Wurtemberg, il se pourrait que la CDU d'Angela Merkel, perde pour la première fois depuis 58 ans !

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Même si son étendard reste le même, il se peut que le Land change de couleur politique.

Le Bade-Wurtemberg qui passe à gauche, un scenario encore improbable il y a peu. Or, l'alliance entre les chrétiens-démocrates et les libéraux actuellement au pouvoir dans cette région risque fort de perdre ce riche bastion du sud-ouest de l'Allemagne, à causes de deux dossiers de poids, principalement.

Stuttgart 21 Demonstration

La protestation contre Stuttgart 21 a eu un fort retentissement en Allemagne.

Tout d'abord, il y a le projet de Stuttgart 21, qui mobilise des milliers de citoyens depuis plusieurs mois. Les manifestants protestent contre un projet de gare ferroviaire souterraine de plusieurs milliards d'euros.

Mais le gros dossier qui risque de coûter de nombreuses voix aux dirigeants sortants du Land, c'est le nucléaire. Depuis la catastrophe au Japon, le gouvernement d'Angela Merkel a changé d'avis et décidé de suspendre l'activité des centrales allemandes les plus anciennes, tout en réfléchissant à sortir, à terme, complètement du nucléaire.

Le hic, c'est que le ministre-président du Bade-Wurtemberg, Stefan Mappus, était jusqu'à récemment, justement, le chantre de l'énergie nucléaire. Il a donc été obligé de retourner rapidement sa veste sur la question :

« Les centrales nucléaires qui ne répondent pas aux normes de sécurité seront mises hors service – pas dans sept ans, pas dans 15 ans, pas dans 20 ans, mais maintenant. »

Ministerpraesident Stefan Mappus

Stefan Mappus (CDU), loin d'être assuré de sa réélection.

Toutefois, ce discours ne séduit pas forcément dans les rangs conservateurs. Quant aux militants « anti-atome », ils préfèrent voter pour l'original, c'est-à-dire la formation qui réclame la fin du nucléaire depuis sa création : le parti écologiste. D'ailleurs les derniers sondages donnent les Verts et les sociaux-démocrates, autre parti d'opposition, largement en tête. Et si, en plus de ne plus être à droite, le Land du Bade-Wurtemberg passait aux mains des écologistes, ce serait vraiment une petite révolution dans la patrie de Mercedes-Benz et Porsche, ces deux fleurons de l'industrie automobile allemande.

A propos d'industrie, le directeur du BDI, la Fédération du patronat industriel allemand, a annoncé sa démission. Werner Schnappauf assume ainsi les conséquences d'une indiscrétion qui avait mis le ministre de l'Economie, Rainer Brüderle, dans l'embarras : le procès-verbal d'une réunion du BDI rapportait à la mi-mars que le ministre avait estimé que la volte-face de la chancelière sur le nucléaire était seulement due à l'approche des scrutins régionaux, notamment celui du Bade-Wurtemberg. Werner Schnappauf avait affirmé qu'il s'agissait d'une « erreur » de transcription.

Auteur: Sandrine Blanchard
Edition: Carine Debrabandère