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Élections législatives 2013

La diplomatie à la mode Westerwelle

Une chancelière forte et un ministre des Affaires étrangères inexpérimenté - comment le duo Merkel/Westerwelle a fonctionné ces quatre dernières années.

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Guido Westerwelle, un ministre sorti de l'ombre

En 2009, un changement politique s'opère à Berlin. Au lendemain des élections législatives, la CDU d'Angela Merkel s'allie aux libéraux du FDP pour former une coalition gouvernementale. Ca bouge à la tête du ministère des Affaires étrangères et la carrière de Guido Westerwelle bénéficie d'un formidable coup d'accélérateur. Cette année-là, le président du FDP, autrefois raillé par les uns et dénigré par les siens, a porté son parti vers un succès électoral inattendu, avec près de 15% des voix.. Il est alors au sommet de son pouvoir, il devient ministre des Affaires étrangères et vice-chancelier ! Pourtant, ses premiers pas sont hésitants... Au début, il continue à prendre part à la politique intérieure allemande, n'accordant que très peu d'attention aux Affaires étrangères.

C'est seulement début avril 2011, quand il renonce à la présidence du parti ainsi qu'au poste de vice-chancelier, que Guido Westerwelle peut se consacrer pleinement à sa mission de chef de la diplomatie. Et ce, avec succès comme l'atteste le chrétien-démocrate Ruprecht Polenz, président de la Commission des affaires étrangères du Bundestag. „Chacun remarque qu'il est désormais investi corps et âme dans son travail au ministère des Affaires étrangères“, souligne-t-il. D'après Ruprecht Polenz, Guido Westerwelle se sent très concerné par ses thèmes de travail, c'est un homme engagé qui essaie de défendre les intérêts allemands dans une Europe toujours plus présente. „C'est un défenseur convaincu du multilatéralisme, c'est-à-dire que l'Allemagne ne doit pas faire cavalier seul à ses yeux, Je trouve ça bien. Westerwelle est devenu plus visible au sein de son ministère.“

Une chancelière puissante, un chef de la diplomatie faible ?

Deutschland Bundeskanzlerin Angela Merkel in Berlin

La chancelière Angela Merkel, celle qui transforme les orientations en décisions

Cette vision est également partagée par le politologue Gunther Hellmann, enseignant à l'université de Francfort. „Westerwelle est devenu entre-temps un ministre des Affaires étrangères souverain“, juge-t-il. Néanmoins, il disposerait de peu de liberté de mouvement à côté d'Angela Merkel. „C'est difficile pour lui, en tant que ministre des Affaires étrangères, de marquer des points face à une chancelière qui se sent désormais très à l'aise dans ses fonctions“, explique le politologue.

De plus, en vertu du Traité de Lisbonne, de nombreuses compétences ont été transférées à la chancellerie, alors qu'elles relevaient normalement du ministère des Affaires étrangères. Angela Merkel joue habilement la carte de sa position de force et laisse son ministre prendre les décisions de politique étrangère peu agréables. Cela s'est particulièrement vu dans le cas de la Libye, lors du vote du Conseil de sécurité de l'ONU en mars 2011. De même que la Russie et la Chine, Guido Westerwelle s'était abstenu de voter pour la création d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus du pays alors en guerre civile. Cela lui a valu d'être chahuté par ses opposants politiques et les médias. En vérité, pour Gunther Hellmann, cette décision aurait surtout été prise par Angela Merkel et Thomas de Maizière, le ministre de la Défense.

Les critiques à l'encontre de Westerwelle

Rolf Mützenich

Responsable de la politique étrangère auprès du SPD, Rolf Mützenich reste prudent quant au bilan

Rolf Mützenich, membre du parti social-démocrate (SPD) et expert en politique étrangère, reconnaît volontiers que Guido Westerwelle a gagné en carrure ces quatre dernières années. Cependant, alors que la législature arrive à son terme, il peut difficilement dire quels sont les points forts du ministre. Pour lui, Guido Westerwelle n'a pas vraiment appliqué à fond le concept de politique étrangère présenté en février 2012 par le gouvernement. Rolf Mützenich critique le fait que des „puissances émergentes“ comme la Chine, le Kazakhstan ou encore la Malaisie, soient devenues des partenaires stratégiques de l'Allemagne, sans égard pour les droits de l'homme ou leurs valeurs démocratiques. Les objectifs à atteindre avec ces pays restent flous. „Ce concept de „puissances émergentes“ constitue visiblement un guide d'instruction pour déterminer quels États l'Allemagne va armer“, estime Mützenich. De même, Guido Westerwelle n'a pas non plus réussi à mener à bien sa stratégie pour l'Amérique latine.

Pour le social-démocrate, ceci vaut également pour les relations avec la Russie. Dans ce cas, Westerwelle a raté le coche en n'appuyant pas l'ancien président russe Dimitri Medvedev et en ne soutenant pas comme il se devait sa tentative de mettre en place un nouvel ordre de sécurité. Et Rolf Mützenich de poursuivre : „Ce que je n'accepte pas, c'est qu'il n'a pas du tout pris part à la critique du commerce des armes. Je trouve que le ministre des Affaires étrangères aurait dû endosser un rôle différent, parce qu'il est justement en faveur d'une politique étrangère fondée sur certaines valeurs“.

Guido Westerwelle est entré en fonction avec la promesse de s'engager à promouvoir le désarmement nucléaire. Mais cette volonté s'est heurtée à une réalité plus pressante : la livraison croissante d'armes par la République fédérale à des régions du monde secouées par des conflits, comme la péninsule arabique par exemple.

La „doctrine Merkel“

En juillet 2011, le Conseil fédéral de sécurité a autorisé la vente de 200 chars de combat de type Leopard à l'Arabie Saoudite. Cette décision a suscité l'inquiétude et l'agacement en Allemagne. Peu de temps avant, en mars 2011, les troupes saoudiennes étaient entrées à Bahreïn pour aider le roi à réprimer la rebellion contre son pouvoir.

Kampfpanzer Leopard 2 A4

Les chars Leoopard 2 utilisés dans le désert

La fourniture d'armes à Riyad s'explique par la „doctrine Merkel“. Son principe : plutôt que d'envoyer des soldats, l'Allemagne arme les puissances régionales afin qu'elles endiguent elles-mêmes les conflits dans les zones de crise. La chancelière a tracé les grandes lignes de sa politique étrangère pour la première fois en octobre 2011. C'était à Hambourg à l'occasion d'un discours devant la Fondation Körber. „Nous devons faire en sorte d'aider les États qui sont prêts à s'engager. Je le dis sans détour : cela passe également par l'exportation d'armes“. Et en octobre 2012, Angela Merkel précisait devant la Bundeswehr, l'armée allemande, réunie à Straußberg : „Celui qui se sent investi d'une mission de paix mais qui ne peut pas endosser un rôle actif au niveau mondial, et bien celui-là aussi est appelé à aider des partenaires de confiance pour qu'ils accomplissent eux-mêmes leur mission„.

Pour le politologue Gunther Hellmann, l'Allemagne peut être satisfaite de cette situation : „Selon moi, la politique de la République fédérale, tel qu'elle est définie en ce moment au regard de sa responsabilité mondiale, est tout à fait adaptée au rôle, à l'histoire, à la compréhension et au potentiel de l'Allemagne“.

Le ministre des Affaires étrangères est favorable à cette politique de non-intervention directe. „Les interventions militaires ne doivent pas être un moyen banal de faire de la politique, mais doivent rester un recours exceptionnel“, a déclaré le ministre allemand dans une interview. Il dit préfèrer être critiqué pour ses hésitations et parfois ses doutes, plutôt que "de se faire reprocher d'envoyer des soldats sur le terrain à la légère“.

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