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Afrique

La CPI aux côtés des victimes de Tombouctou

Après les destructions opérées par les djihadistes dans le nord du Mali, la Cour Pénale internationale a décidé d'accorder 2,7 millions d'euros de dédommagement aux victimes. Quatorze mausolées avaient été saccagés.

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"Le dommage est en grande partie collectif " (Fadi El Abdallah, porte-parole de la CPI)

La Cour pénale internationale s'est donc prononcée jeudi sur l'affaire Ahmad Al Fahqui Al Mahdi. Ce djihadiste malien avait été condamné en septembre 2016 à neuf ans de prison pour la destruction de biens culturels à Tombouctou. Entre avril 2012 et janvier 2013, lors de l'occupation de la ville par les djihadistes, il dirigeait la police islamique. Sur les 16 mausolées inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco, 14 ont été à l'époque saccagés. 

Le dédommagement des victimes

Dans son ordonnance rendue à la Haye,  la CPI évalue à 2,7 millions d'euros le dommage causé par Ahmad Al Fahqui Al Mahdi. Il est jugé responsable de ce dommage mais ce n'est pas lui qui paiera puisqu'il a été reconnu insolvable. 

La Cour a préféré demander au fonds au profit des victimes de lui soumettre un projet de réparations d'ici à février 2018. Ce dernier est alimenté essentiellement par des contributions volontaires des états membres de la CPI. 

Dans l'affaire Al Mahdi, il servira à financer deux types de réparations, explique Fadi El Abdallah porte-parole à la Haye : "Il y a 139 personnes qui ont demandé à obtenir des réparations mais les dommages sont d’abord de nature collective. C’est toute la communauté de Tombouctou qui a été affectée. C’est pour cela que la grande majorité des réparations doivent être collectives," affirme-t-il. "Seules les personnes dont les ancêtres étaient enterrées dans ces lieux saccagés, ou les personnes dont le commerce dépendait de ces lieux-là pourraient obtenir des réparations individuelles selon des modalités qui pourront être proposées par le Fonds au profit des victimes"

Mali Timbuktu Zerstörtes Mausoleum Alfa Moya (Getty Images/AFP/E. Feferberg)

Ruines du mausolée Alfa Moya, l'un des nombreux édifices sacrés de Tombouctou

Le fonds au profit des victimes va également devoir proposer un certain nombre d'activités et de projets qui seront mis en oeuvre au titre des réparations collectives.

Prudence au Mali 

L'annonce de la CPI a provoqué des réactions prudentes au Mali. Maître Moctar Mariko, de l'association malienne des droits de l'homme indique que parmi les victimes, "il y a celles qui pensent à l’aspect financier, il y en a d’autres qui pensent réparations collectives. Et d'autres encore qui parlent même de réparations symboliques. Donc, ce montant ne pourra pas satisfaire à tous ces espoirs. Mais, nous pensons que la CPI ne va pas s’arrêter aux destructions des mausolées. Elle va sans-doute étendre les enquêtes sur les crimes sexuels et les crimes des guerres qui ont été commis  à Tonbouctou et à Gao"

A noter qu'entre temps, les mausolées détruits ont tous été reconstruits, sous l'égide de l'Unesco. 

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