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ACTUALITÉS

La Cour constitutionnelle congolaise prend des leçons de démocratie au Togo

Les membres de la cour constitutionnelle de RDC sont au Togo depuis mercredi. Une visite pour s'inspirer de l'expérience démocratique de Lomé, alors que le pays est en pleine crise politique.

C'est une visite pour le moins surprenante. Depuis ce mercredi, une délégation de la Cour constitutionnelle de la République démocratique du Congo se trouve au Togo. Une visite pour s'inspirer de l'expérience démocratique de Lomé, alors même que le pays est en pleine crise politique et que les manifestations, parfois émaillées de violences, de l'opposition se multiplie depuis plusieurs semaines. 

La cour constitutionnelle de la République démocratique du Congo (RDC) n'est en fait que très récente. Ce n'est qu'en 2015 que le pays s'est doté de l'institution. Ainsi, ses membres effectuent périodiquement des missions d'études ou d'informations auprès des cours constitutionnelles d'autres pays, dans le but de renforcer leurs capacités et de s'inspirer d'autres expériences. Des visites ont déjà eu lieu en Allemagne, en Belgique, en France, au Maroc, en Suisse ou encore au Bénin. Même si le Professeur Jean-Pierre Mavungu, membre de la cour constitutionnelle de la RDC à la tête de cette mission n'a pas voulu se prononcer, les médias togolais raportent que le choix d'une visite au Togo s'est fait d'après "la qualité des relations entre le Togo et la RDC depuis plusieurs décennies".

 

Un exemple démocratique contesté

Aujourd'hui dans une une forte instabilité politique liée à la tenue de l'élection présidentielle, maintes fois reportée, la RDC devrait finalement organiser des élections en décembre 2018. Kinshasa va s'engager dans une série de réformes réclamées par la population. C'est dans cette optique que cette délégation congolaise s'est rendue au Togo.  "Sauf qu'à chaque fois qu'il y a eu des réformes constitutionnelles au Togo, tout se fait de façon totalement anachronique, anti-démocratique", estime David Dosso, professeur d'Université au Togo, ce pays n'est pas un bon exemple en matière démocratique.

L'universitaire rappelle les modificiations constitutionnelles qui ont permis au président Kabila père de faire sauter le verrou de la limitation de mandat présidentiel en 2002. "On se souvient aussi de la façon rocambolesque avec laquelle le président actuel du Togo est arrivé au pouvoir en 2005. Ou de son poste de ministre, il passe député, après il devient président de l'Assemblée nationale, puis président de la République. Et tout ça, en une seule nuit", rappelle-t-il, estimant donc que le Togo n'est pas un exemple à suivre.

Si Faure Gnassingbé a succédé à son père Gnassingbé Eyadema de façon anti-démocratique en 2005, l'actuel  président de la RDC Joseph Kabila, contesté par son peuple, est arrivé lui aussi au pouvoir de la même façon en 2001 en succédant à son père Désiré Kabila, mort assassiné.