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Afrique

La constitution égyptienne divise

Les Égyptiens votent par référendum sur le projet de future constitution. Le scrutin divise jusque dans le camp islamiste. Les Frères musulmans s’y opposent. Les salafistes, eux, l'approuvent. Reportage.

Le vote pour la nouvelle constitution s'étale sur deux jours. Plus de 50 millions d'Égyptiens sont appelés aux urnes.

Le vote pour la nouvelle constitution s'étale sur deux jours. Plus de 50 millions d'Égyptiens sont appelés aux urnes.

Chassés du pouvoir en juin dernier et déclarés terroristes par le gouvernement actuel, les Frères musulmans n'ont pas dit leur dernier mot. Ils bravent depuis le début de l'année l'interdiction de manifester, votée par le pouvoir en place, pour crier au Caire leur opposition au référendum. Ils osent brûler le projet de constitution et même taguer « assassin » à côté du nom du général al-Sissi, à l'origine de la destitution de l'ex président Morsi.

Preuve des tensions actuelles : un attentat à la bombe artisanale a visé mardi matin un tribunal du Caire, sans faire de mort ni de blessé, deux heures avant l'ouverture des bureaux de vote

Preuve des tensions actuelles : un attentat à la bombe artisanale a visé mardi matin un tribunal du Caire, sans faire de mort ni de blessé, deux heures avant l'ouverture des bureaux de vote

« On ne reconnaît pas le régime qui organise ce référendum et a rédigé cette constitution. C'est un gouvernement qui a pris le pouvoir par la force, en faisant couler le sang des Egyptiens. Comment peut-on soutenir ce régime qui tue nos frères et viole nos femmes ? »

En dehors des manifestations, les Frères musulmans se font très discrets. Ils vivent dans la peur d'être arrêtés, c'est pourquoi désormais ils organisent des réunions clandestines chez eux. Nous rencontrons Ihab Nahed, l'un des cadres de la confrérie lors de l'un de ces rendez-vous secrets dans le quartier populaire de Sayeda Zeinab. Il boycotte comme ses amis le référendum qui donne, selon lui, des pouvoirs très élargis aux militaires. « Avec cette constitution, n'importe quel citoyen en conflit avec un militaire sera traduit devant un tribunal militaire et jugé sans accès à un avocat. Et quand on sait que l'armée est présente partout dans le pays, on peut craindre le pire. »

Divisions au sein des islamistes

Mais le camp islamiste est divisé. Dans la ville de Cherbine, à trois heures de route au nord du Caire, les salafistes du parti el Nour font campagne pour la constitution. Une tradition chez ce groupe qui s'était déjà rangé du côté de Moubarak puis de celui de Morsi. Leur priorité désormais : sauvegarder le courant islamiste dans la vie politique. Ils veulent s'intégrer au pouvoir actuel pour peser dans les élections législatives à venir.

Les salafistes d'al Nour veulent peser dans les prochaines élections législatives

Les salafistes d'al Nour veulent peser dans les prochaines élections législatives

Mohamed Abou Zeid, secrétaire du parti salafiste el Nour estime qu'« il faut en finir avec les divisions, c'est dans l'intérêt du peuple. Cette constitution va permettre au pays d'avancer, de retrouver la stabilité. La quasi-majorité des habitants ici est d'accord avec notre point de vue. »

La plupart des habitants de cette région agricole sont analphabètes. Ils n'ont pas pris connaissance du texte, ils font confiance aux salafistes, les seuls ici à faire campagne. « Voter 'oui', c'est répondre à la volonté de Dieu, affirme ainsi Amar, une habitante de la ville. Cette constitution suit à la fois la loi islamique, le peuple et l'armée. Elle met tous les Egyptiens sur la même route de l'avenir. »

Une constitution censée unir les Égyptiens mais qui, avant même d'être adoptée, divise déjà profondément la population.

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