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Vu d'Allemagne

La commission d'enquête parlementaire sur le BND

La décision est tombée hier : après les Verts et le Parti de gauche, le FDP, le parti libéral, s’est à son tour prononcé pour la création d’une commission d’enquête parlementaire devant examiner les dessous de ce que l’on appelle « l’affaire du BND », entendez par là le possible soutien apporté par les services secrets allemands à la CIA dans le cadre de la guerre contre l’Irak. Cette affaire, qui renvoie aux dessous de la politique étrangère de la coalition rouge-verte, suscite de nombreux commentaires dans la presse allemande.

Les services secrets allemands ont-ils oui ou non collaboré avec la CIA dans le cadre de la guerre contre l'Irak. Une commission d'enquête parlementaire doit faire la lumière sur cette affaire.

Les services secrets allemands ont-ils oui ou non collaboré avec la CIA dans le cadre de la guerre contre l'Irak. Une commission d'enquête parlementaire doit faire la lumière sur cette affaire.

Die Welt ne se fait pas d’illusion. Cette commission d’enquête est tout aussi inutile que dangereuse. Les débats à venir ne conduiront pas à des révélations plus importantes sur la politique irakienne du gouvernement de l’ancien chancelier Schröder que ce que l’actuel gouvernement a déjà bien voulu admettre. Et le BND restera ce qu’il est : un service secret dont la première caractéristique est, par nature, de travailler dans l’ombre.

La Tageszeitung, de Berlin ironise sur le refus tonitruant de Gerhard Schröder de je cite « toute participation directe ou indirecte » à la guerre américaine contre Saddam Hussein. Seulement voilà, l’une des règles d’or de la coopération entre services secrets alliés est l’échange d’informations. Comment alors les agents secrets allemands auraient-ils pu obéir au dictat de leur patron tout en continuant de collaborer avec leurs homologues ?

La Frankfurter Rundschau pose un diagnostic pessimiste : tant les Verts que le FDP sont gênés aux entournures. Ici, ce n’est pas le fait de réclamer ou non une commission d’enquête qui compte, c’est le moment où on la réclame. Aucun des deux partis ne peut se permettre de ne pas être pour. Le FDP par respect pour les services secrets, les Verts à cause de l’ancien chef de la diplomatie allemande, Joschka Fischer. De ce fait, les négociations sur la mission de cette commission d’enquête offrent une dernière chance de sauver la face en surprenant l’autre en train de faire ce que l’on aimerait tant faire soi-même.

La Frankfurter Allgemeine Zeitung renchérit : comme les trois partis de l’opposition ont des intérêts très divergents dans cette affaire, on est en droit d’être curieux de la suite des événements. Cette collaboration au sein de la commission d’enquête permettra-t-elle un rapprochement politique des trois petits partis de l’opposition ? Difficile à imaginer.

Il y a tant de questions en suspens et si peu de réponses apportées, reprend la Süddeutsche Zeitung, pour qui la création de cette commission d’enquête est un bien. Maintenant, il reste à formuler sa mission. Pour cela, il serait bon que tous les partis, c’est-à-dire également ceux de la coalition au pouvoir au Berlin, participent à ce processus. Tout le monde sait, comme le souligne la droite qui parle de pragmatisme et de « Realpolitik », que le monde est ce qu’il est, à savoir méchant. Il est cependant légitime de chercher à savoir comment un gouvernement allemand, qui est ce qu’il est, agit dans ce monde-là. Et ce n’est pas trop demander que de vouloir apprendre si et comment ce gouvernement respecte les lois et les règles démocratiques, conclut le quotidien.

  • Date 07.03.2006
  • Auteur Christophe LASCOMBES
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