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Vu d'Allemagne

La colère gronde en Turquie

Les journaux commentent les violences qui agitent la Turquie depuis vendredi. Ce qui était au départ une manifestation locale s'est transformé en contestation générale contre le gouvernement et l'islamisation du pays.

La police disperse les manifestants de la place Taksim, à Istanbul, à coup de gaz lacrymogènes (31.05.2013). La manifestation d'origine, contre la destruction d'arbres dans le parc Gezi, s'est transformée en contestation générale après l'intervention brutale de la police.

La police disperse les manifestants de la place Taksim, à Istanbul, à coup de gaz lacrymogènes (31.05.2013). La manifestation d'origine, contre la destruction d'arbres dans le parc Gezi, s'est transformée en contestation générale après l'intervention brutale de la police.

Il fut un temps où Recep Tayyip Erdogan se voyait en musulman démocrate et voulait faire de la Turquie un modèle pour le Moyen-Orient, commente la Süddeutsche Zeitung. Cela a fonctionné pendant presque dix ans.

Depuis la semaine dernière, la contestation s'est étendue à d'autres villes turques, comme Izmir, dans l'ouest

Depuis la semaine dernière, la contestation s'est étendue à d'autres villes turques, comme Izmir, dans l'ouest

Mais aujourd'hui, le succès semble être monté à la tête du Premier ministre turc. La manifestation pour le sauvetage d'un parc d'Istanbul a été l'allumette à l'origine d'un grand incendie. Et c'est la brutalité de la police avant qu'Ankara ne daigne appeler à la retenue qui a mis le feu au poudre.

Au lieu d'écouter les revendications des habitants, protecteurs de l'environnement, architectes et autres occupants du parc Gezi, le Premier ministre a fait la sourde oreille, analyse die tageszeitung. Mais cette fois, sa propre arrogance l'a égaré : le conflit autour du parc s'est transformé en règlement de compte général : contre l'interdiction de l'alcool, contre la répression dans les universités, contre le manque de liberté d'expression, contre le culot avec lequel l'AKP, son parti, essaie de s'approprier le pays. Il est encore difficile de savoir quelles seront les conséquences politiques de ces violences. Les Turcs savent désormais que la résistance est possible. Et que le Premier ministre n'est plus intouchable.

Le Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, est accusé de dérive autocratique

Le Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, est accusé de dérive autocratique

Selon la Frankfurter Allgemeine Zeitung, Recep Tayyip Erdogan va devoir s'habituer au fait que les Turcs ne veulent plus se contenter de voter tous les quatre ans et de se taire le reste du temps. Le journal salue l'annonce du ministère de l'Intérieur d'une enquête sur les violences policières et la promesse de punir les responsables. Reste à savoir si cela se traduira par des actes. 

Cette affaire, prévient Die Welt, pourrait coûter sa carrière à Erdogan qui ne peut plus briguer le poste de Premier ministre aux prochaines élections et vise celui de chef d'État. L'actuel président, Abdullah Gül, peut aussi décider de se représenter. Ce n'est pas lui qui est à l'origine de la crise, il est par ailleurs plus ouvert et toléré par l'opposition. S'il a plus de chances dans les sondages qu'Erdogan, c'est probablement lui que l'AKP choisira comme candidat. Erdogan n'aurait alors qu'à se trouver un nouveau job.

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