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Afrique

La CEDEAO préoccupée par la question migratoire

Dans le cadre de la lutte contre l'immigration, la CEDEAO veut freiner les départs de ses ressortissants. Mais cela pourrait se faire au détriment de la libre circulation des personne et des biens.

Écouter l'audio 02:15

"Cette rénion est en porte à faux avec le traité de la CEDEAO" (Ahmadou Hassane Boubakar)

Les mouvements migratoires à partir du continent africain restent une préoccupation majeure pour les dirigeants européens. Le président français a ainsi proposé la création, en Afrique même, de centres de tri des candidats à l'exil. En Afrique de l'ouest, la CEDEAO vient de se réunir pendant deux jours à Abuja pour se pencher sur les moyens de freiner les départs de ses ressortissants. 

Violation d'un principe sacro-saint de la communauté

En 1979, la CEDEAO s'est dotée d'un protocole sur la libre circulation des biens et des personnes. Théoriquement, tous les ressortissants des 16 Etats membres peuvent circuler librement dans l'espace CEDEAO, sans obligation de visa, pour des séjours n'excédant pas 90 jours.

Dans la pratique cependant, cette liberté n'empêche pas les tracasseries, voire carrément le racket par les douaniers, au passage des frontières. Depuis peu, un nouvel obstacle vient s'ajouter à la libre circulation. C'est l'appel pressant lancé par les Européens aux dirigeants africains pour qu'ils freinent les départs vers l'Europe. 

Mieux gérer la migration 

La réunion qui se tient à Abuja a précisément  pour objet de formuler des recommandations afin de mieux gérer la migration dans sa forme irrégulière. Il s'agit d'harmoniser l'attitude des services d'immigration dans la région. Le politologue nigérien Ahmadou Hassan Boubacar déplore le comportement de la CEDEAO. "On a constaté que la frontière de l’Europe commence à se déplacer vers le Niger, avec de nouvelles mesures de répression des migrants", explique-t-il. 

"Maintenant  on a constaté que certains pays comme le Niger ont commencé a criminaliser les migrants subsahéliens qui traversent leurs frontières pour aller vers la Libye, vers l’Algérie ou ailleurs. La nouvelle crise européenne commence a poser problème. Chaque pays  qui, en fonction des intérêts liés aux financements a l’aide de développement, commence a ne plus respecter ses engagements sur le plan africain", indique-t-il. 

Quelques progrès 

A Dakar, le réseau Migration et développement, le REMIDEV, salue les progrès réalisés par certains pays africains en matière de libre circulation. Le Bénin, par exemple, a supprimé l'obligation de visa pour 31 Etats africains. 

Moustapha Kebé, chargé de programmes  au Réseau Migration et développement constate néanmoins que les frontières de l'Europe sont délocalisées vers l'Afrique : "Malheureusement, nos Etats africains, compte tenu de leur faiblesse, reçoivent toujours des instructions des Occidentaux", regrette-t-il. "Sinon, cette réunion est en porte à faux avec le traité de la CEDEAO, sur la libre circulation des personnes et des biens. Si, aujourd’hui, on dit que cette organisation se réunit justement pour faire droit aux desiderata de l’Occident par rapport au ralentissement ou au contrôle de l’immigration, cela pose un véritable problème d’indépendance de nos Etats par rapport a leurs propres principes, par rapport a leur politique" estime-t-il.

L'Union européenne a effectivement mis en place un fonds fiduciaire pour l'Afrique. C'était au sommet européen sur les migrations qui s'est tenu à Malte, en novembre 2015. Ce fonds s'élève actuellement à 2,9 milliards d'euros.

 

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