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Vu d'Allemagne

La Bundeswehr ira-t-elle au Sud-Liban ?

Vendredi dernier, l'Onu a validé l'idée d'une force d’interposition de 15 000 hommes au Sud-Liban, une force à laquelle devrait participer l’Allemagne. Thomas Steg, le porte-parole du gouvernement allemand, a affirmé hier que celui-ci déciderait la semaine prochaine du rôle de l'Allemagne dans la résolution de la crise entre Israël et le Hezbollah. Pour la presse, ce déploiement d'Allemands au Sud-Liban, qui pourraient devoir tirer sur des Israéliens, 60 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, crée une polémique en Allemagne.

Dans le cadre de la mission de paix au Liban, les soldats allemands risquent de devoir affronter des soldats israéliens.

Dans le cadre de la mission de paix au Liban, les soldats allemands risquent de devoir affronter des soldats israéliens.

Cette polémique est une réédition du débat des annés 90 sur les missions à l’étranger de l’Armée allemande, souligne la Tageszeitung. L’argument moral de la responsabilité historique de l’Allemagne à la suite de la Seconde Guerre mondiale servait hier d’argument à la fois aux adversaires et aux partisans de telles missions. Aujourd’hui, alors qu’il s’agit d’Israël, une partie de la classe politique retombe dans le même schéma. Il serait préférable de mettre les vrais arguments sur la table. Rabaisser la morale au rang d’instrument politique démontre sa propre absence de morale.

Depuis le retour de l’Allemagne réunifiée en tant qu’acteur sur la scène de la politique internationale, Berlin ne peut plus s’appuyer sur l’ancien argument du « Allez-y mais sans moi » relève la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Après le Kosovo, l’engagement politique actif de la coalition rouge-verte au Proche-Orient a éveillé des attentes et fondé des responsabilités. Cela englobe-t-il aussi l’envoi à long terme de soldats allemands dont certains ne reviendront peut-être pas ? En termes de politique étrangère de l’Allemagne, le cas du Liban va en tout cas contraindre l’opinion publique allemande à se poser des questions fondamentales qu’elle avait soigneusement évité jusqu’ici.

Pour la Frankfurter Runsdchau, la Marine allemande pourrait empêcher le ravitaillement en armes du Hezbollah le long des côtes libanaises, une mission similaire à celle qu’elle exerce déjà au large de la Corne de l’Afrique dans le cadre de l’action « Enduring Freedom ». D’autre part, tout comme dans les Balkans et en Afghanistan, la Bundeswehr pourrait assurer des missions de surveillance terrestre. Ces deux types de mission ont ceci en commun que les soldats allemands ne risqueraient pas d’affronter de soldats israéliens.

Aucune des fractions parlementaires allemandes n’affiche de position claire sur le sujet, souligne la Süddeutsche Zeitung. Mais un consensus se fait déjà jour à la tête de la coalition : pas de soldats allemands au cœur des opérations mais plutôt en marge du conflit. Participer, oui, mais pas au coœur de la mêlée. Reste à savoir si cela portera ses fruits en termes de politique étrangère, conclut le quotidien.

  • Date 15.08.2006
  • Auteur Christophe LASCOMBES
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