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Europe

L'ère des petits boulots n'est pas terminée

En Allemagne, on les appelle les ramasseurs de consignes. Ils sont au chômage ou vivent avec une petite retraite et pour finir les fins de mois de difficiles, ils chassent à longueur de journée les bouteilles de verre et de plastique consignées dans les poubelles. Des bouteilles qui seront ensuite échangées dans les supermarchés contre de l’argent. Reportage dans les rues de Berlin sur un phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur.

Une bouteille consignée représente entre 8 et 25 centimes

Une bouteille consignée représente entre 8 et 25 centimes

Nous sommes devant l’entrée principale de la gare de Zoologischer Garten, une des plus fréquentées de la ville. Au milieu de la foule pressée, Jan, la quarantaine énergique, dénote un peu avec chacun de ses pas suivis par le bruit de bouteilles en verre qui s’entrechoquent. Sac à dos bien rempli et vissé sur les épaules, il est accompagné d’une patinette sur laquelle sont accrochés deux gros sacs en toile de jute. Les deux mains laissées libres, Il va de poubelle en poubelle, scrutant le moindre recoin de trottoir à la recherche de bouteilles consignées.

« C’est beaucoup d’argent qui traine comme ça par terre. La plupart des gens jettent les bouteilles consignées dans les poubelles ou tout simplement dans la rue. Il y en a beaucoup qui vivent grâce à la collecte de ces bouteilles. Pour moi, cette activité constitue un revenu complémentaire mais nombreux sont ceux qui le font juste pour survivre au quotidien. »

Jan est au chômage et reçoit l’aide sociale, soit un peu plus de 300 euro mensuel. Une fois ses sacs pleins, il se rend au prochain supermarché pour échanger les bouteilles consignées. Il reçoit alors en retour entre 8 et 25 centimes par bouteille.

"Ca dépend comment on s’y prend. Moi, j’arrive à me faire autour de trois ou quatre euro par jour. Ca suffit pour un repas chaud quand arrive la fin du mois et que ça devient dur. Mais quand on est par exemple sur un évènement comme un festival de musique où les gens consomment beaucoup et laissent sur place des centaines de bouteilles, il suffit de tout ramasser derrière avec une voiture et là, on peut se faire vraiment de l’argent."

Et ils sont de plus en plus nombreux à s’y mettre dans la capitale allemande. Une activité qui a pris de l’ampleur avec l’accueil de la coupe du monde de football l’année dernière et ses hordes de supporters assoiffés. Berlin reste une ville avec un taux de chômage très élevé, autour des 18 %.

Il suffit de se rendre dans des lieux avec du passage pour voir en quelques minutes plusieurs de ces « Pfandsammler », les ramasseurs de consigne. Mais cette précarité rendue visible au quotidien ne touche pas seulement les personnes en recherche d’emploi. Il n’est pas rare de voir des retraités. Comme Dietleb Tumsen, 65 ans, qui a dû arrêter de travailler dans la restauration après une maladie. Avec un revenu mensuel qui ne dépasse pas les 360 euro, il s’est aussi mis à collecter les bouteilles consignées. Après toute une soirée à écumer avec son caddie les rues animées du quartier étudiant de Friedrichshain, à l’est de la ville, il casse la croûte sur un banc d’abribus.

« Quand il ne pleut pas, je vais me promener et quand je trouve une bouteille consignée, ben je la prends avec moi et je la mets dans mon caddie. Il faut qu’elle soit en bon état et ensuite, je la rends à l’automate du supermarché. Mais ça ne me rapporte pas grand-chose et puis c’est un travail difficile. Le caddie, il devient vite lourd à pousser. Et aussi, c’est mieux quand il fait très chaud, quand il fait 40 degrés les gens boivent plus. Mais aujourd’hui, ce n’était pas une bonne journée : il a fait trop froid. »

Et avec une dizaine de bouteilles au plus, la récolte est en effet bien maigre. Mais Dietleb se rassure en annonçant avec un large sourire que dans les prochains jours, le mercure du thermomètre doit repartir à la hausse et avec lui, le nombre de bouteilles laissés dans les poubelles et dans les rues berlinoises.

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