Khadafi dégage! Le régime se déchaîne sur les opposants | Afrique | DW | 20.02.2011
  1. Inhalt
  2. Navigation
  3. Weitere Inhalte
  4. Metanavigation
  5. Suche
  6. Choose from 30 Languages

Afrique

Khadafi dégage! Le régime se déchaîne sur les opposants

Plus de 100 personnes ont été tuées en Libye depuis le début de la contestation anti-gouvernementale mardi. Le colonel Mouammar Khadafi, au pouvoir depuis 1969, n'a toujours pas pris la parole.

default

Une foule compacte s'est rassemblée dimanche à Benghazi, la deuxième ville du pays, pour enterrer des dizaines de manifestants tués la veille par les forces de sécurité alors qu'ils se rendaient eux-mêmes à une cérémonie funéraire pour les victimes de précédentes violences. Des témoins ont rapporté que les forces de l'ordre ont tiré à l'arme lourde et étaient appuyées par des mercenaires africains. Un médecin d'un hôpital de Benghazi estimait par ailleurs sur la chaîne BBC avoir reçu hier au moins 45 corps et 900 blessés.

Libyen Proteste Demonstration CONTRA Regierung

Khadafi dégage! Manifestation de soutien à Alexandrie en Egypte

Difficile de vérifier les informations qui circulent : le gouvernement libyen a coupé toutes les communications internet dans le pays et brouille les liaisons téléphoniques. Les journalistes étrangers ne sont pas autorisés à entrer dans le pays. Quant au journalistes libyens, ils ne peuvent pas se rendre à Benghazi, bastion de l'opposition et point de départ de la contestation. L'organisation des droits de l'homme, Human Rights Watch, estime cependant qu'au moins 173 personnes ont été tuées depuis le début des violences.

Benghazi aux mains des manifestants ?

Les autorités libyennes n'ont pour le moment publié aucun bilan et n'ont fait officiellement aucune déclaration concernant les troubles. Ont-elles encore leur mot à dire à Benghazi ? Selon un chef de tribu cité par Reuters, la ville serait "dans un état de mutinerie civile". L'agence de presse rapporte par ailleurs que la situation est "complètement hors de contrôle" d'après un Italien présent sur les lieux. S'inspirant des exemples tunisien et égyptien, les manifestants libyens réclament la fin du régime de Mouammar Khadafi, au pouvoir depuis plus de 40 ans - un record sur le continent africain.

Karte Proteste Libyen

La contestation semble en outre s'être étendue au-delà de la seule ville de Benghazi. Plusieurs témoins ont fait état de manifestations dans d'autres villes de l'est du pays ainsi qu'à Misrata, à environ 200 kilomètres de Tripoli. Pour le moment, la capitale semble elle relativement épargnée par les troubles quoique des incidents auraient eu lieu cette nuit dans certaines banlieues de la capitale. Tout au long du week-end, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées sur la place Verte à Tripoli et ont scandé des slogans favorables au régime

Pro Gaddafi Protest Libyen

Manifestation pro Khadafi à Tripoli

"Arrêtez le massacre immédiatement"

La répression sanglante de la contestation populaire a poussé une cinquantaine de dignitaires musulmans à publier un appel, envoyé à Reuters. Appel dans lequel ils exhortent les membres des forces de sécurité, en tant que musulmans, à mettre fin au massacre. Un SMS collecitf a par ailleurs été envoyé hier soir aux abonnés de téléphones portables libyens : "cela suffit maintenant, halte au bain de sang!" lisait-on dans ce message.

Les réactions internationales face à la situation en Libye restent pour le moment timides. Londres a dénoncé des "violences inacceptables et effroyables" et a appelé les pays de la région à "répondre aux aspirations légitimes de leur peuple plutôt que de recourir à la violence". La France a jugé "inacceptable" la répression. La palme d'or revient sans-doute au président du conseil italien Silvio Berlusconi, lequel a déclaré qu'il ne voulait pas "déranger" Mouammar Kadhafi. L'Autriche a quant à elle annoncé l'envoi d'un avion militaire à Malte afin d'évacuer ses ressortissants et des Européens de Libye ou d'autres pays arabes secoués par des troubles.

Auteur : Konstanze von Kotze
Edition : Yann Durand

La rédaction vous recommande