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Afro-presse (hebdomadaire)

Kenyatta vainqueur de justesse

Uhuru Kenyatta l'a emporté au Kenya dès le premier tour de l'élection présidentielle. L'annonce de sa victoire est largement relatée dans la presse allemande. C'est même le sujet qui domine l'actualité africaine.

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Kenyatta après l'annonce de sa victoire

Kenyatta vainqueur au Kenya, titre par exemple la Frankfurter Allgemeine Zeitung qui ne manque pas de souligner qu'Uhuru Kenyatta l'a emporté de justesse: il a eu très exactement 4 000 voix de plus que nécessaire pour être déclaré vainqueur avec 50,07 % des voix. Lui-même a d'ailleurs semblé avoir du mal à croire à sa victoire dès le premier tour, lit-on dans le Tagesspiegel de Berlin. Personne ou presque ne s'attendait à ce que l'un des huit candidats obtienne la majorité absolue dès le premier tour. Avec un taux de 86% note aussi le journal, la participation n'a jamais été aussi forte depuis l'indépendance du pays il y a 50 ans. A l'heure du triomphe, poursuit le Tagesspiegel, Kenyatta a adopté une attitude d'homme d'Etat qui a tranché avec son comportement pendant la campagne électorale. Il a dit vouloir "respecter l'Etat de droit et être le président de tous les Kenyans". Son adversaire malheureux , le premier ministre Raila Odinga, a annoncé qu'il contesterait les résultats devant les tribunaux. Bref les journaux constatent avec soulagement que les violences tant redoutées n'ont pas eu lieu.

Un progrès sans doute, mais pour la Süddeutsche Zeitung, le Kenya, un pays qui a longtemps eu la réputation de compter parmi les démocraties les plus stables du continent, pourrait mettre un bémol au nouvel optimisme propagé depuis quelque temps à propos de l'Afrique. Les Kenyans se sont choisi un président qui aura à répondre devant la Cour pénale internationale: il serait impliqué dans la vague de violences ethniques qui ont suivi les élections d'il y a cinq ans. Ce genre de procès peut durer des années. Et si Kenyatta doit faire fréquemment la navette entre Nairobi et La Haye, il lui sera difficile, ne serait-ce que pour des raisons logistiques, de gouverner un pays. Mais là aussi, précise le journal, la présomption d'innocence doit s'appliquer.

Kenia Wahlen Raila Odinga und Uhuru Kenyatta

Journaux kenyans après l'annonce des résultats provisoires

Prudence des occidentaux

Les occidentaux pour l'instant sont restés prudents. Ils ont félicité le peuple kenyan, mais non le vainqueur proclamé. La presse s'intéresse notamment à l'attitude des Etats-Unis. Comme le souligne la Frankfurter Allgemeine Zeitung dans un article paru le 13 mars, après l'annonce de la victoire d'Uhuru Kenyatta Washington est soucieux de ne pas donner l'impression de tendre la main à un criminel présumé. Mais dans le même temps l'influence de l'Amérique sur la politique kényanne ne doit pas être compromise par un isolement total de Kenyatta. Les Américains marchent ici sur des oeufs, et cela tient avant tout à la Somalie, voisine du Kenya, et au groupe terroriste Al Shabaab. Les activités des services secrets contre les extrêmistes somaliens sont coordonnées par l'ambassade des Etats-Unis à Nairobi. Des enquêteurs américains coopèrent étroitement avec leurs collègues kényans dans la traque aux islamistes à l'intérieur du Kenya. Le pays reçoit chaque année une aide américaine chiffrée à un milliard de dollars.

Kenia Vorwahlberichterstattung

Camp de déplacés dans la vallée du Rift

La Frankfurter Allgemeine Zeitung s'intéresse également dans un autre article à la famille Kenyatta. Le nouveau président, écrit le journal, porte un nom qui fut autrefois synonyme de grandes promesses. En décembre 1963 Jomo Kenyatta menait le pays à l'indépendance. Il incarnait l'espoir d'un Etat juste, de la fin de la pauvreté et de l'égalité de chances pour tous. 50 ans plus tard il est douteux que le prochain Kenyatta, Uhuru fils de Jomo, transforme ces anciens rêves en programme politique, car la famille Kenyatta, comme celle de l'ancien président Daniel arap moi, incarne tout ce qui rend le Kenya d'aujourd'hui si injuste: l'appropriation de terres, une corruption sans limite et une justice vénale. Les Kenyatta comptent parmi les familles les plus riches d'Afrique. Elle possède dans la fertile vallée du Rift 200 000 hectares de terres, bradées autrefois à Jomo Kenyatta par l'administration coloniale britannique. Les Kenyatta possèdent en outre la plus grande laiterie du Kenya, ils sont très présents dans le secteur bancaire, ils possèdent une chaine d'hôtels et une entreprise de médias, ainsi que d'innombrables sociétés de BTP. Les Kenyatta incarnent comme nulle autre famille au Kenya la noblesse de l'ethnie kikuyu .

Unruhen in Port Said Ägypten

Manifestation à Port-Saïd

Déchainement de violence en Egypte

En dehors du Kenya, la presse se fait aussi l'écho des violences en Egypte. Comme l'écrit leTagesspiegel de Berlin dans son édition du lundi 11 mars, l'Egypte vient de connaître à nouveau un week-end de violence, déclenchée par le deuxième jugement dans le procès du massacre de supporteurs de football à Port-Saïd . Des hordes d'hommes armés ont parcouru le centre du Caire et tiré en l'air. Des ultras du club de football d'Al Ahly ont mis le feu au luxueux club des officiers de police ainsi qu'au siège de la fédération égyptienne de football. C'est que les manifestations et les sanglantes batailles de rues font désormais partie du quotidien en Egypte, note die tageszeitung. A Port-Saïd elles prennent un relief particulier. Cette ville située à la pointe nord-est du delta du Nil occupe une position stratégique à l'entrée du canal de Suez. Garantir la normalité du trafic à travers l'une des voies d'eau internationales les plus importantes pour le commerce mondial reste l'objectif suprême de l'Etat égyptien et de l'armée égyptienne. Le canal de Suez, souligne le journal, est l'une des principales sources de recettes pour l'Egypte et reste donc la ligne rouge à ne pas franchir pour la contestation.

La RCA sur la voie du Mali

Plus brièvement, dans un autre article, le même journal, die tageszeitung, évoque la situation en République Centrafricaine. Les signes sont de nouveau à la guerre, écrit le journal. Des combattants de la rébellion du Séléka, qui contrôle la moitié nord-est du pays, ont occupé les villes de Gambo et Bangassou à la frontière avec la République démocratique du Congo. Les rebelles ont critiqué l'armement de milices fidèles au président Bozizé. Des machettes et des couteaux ont été distribués dans la capitale, des musulmans ont été attaqués. L'opposition civile réclame une nouvelle médiation africaine et avertit que la Centrafrique risque de connaître le même sort que le Mali.

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