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Afrique

Kenya: la justice est instrumentalisée

L'élection présidentielle aura bien lieu ce jeudi 26 octobre 2017. La Cour suprême n'a pas pu donner suite à la plainte déposée par trois citoyens kenyans qui demandaient le report du scrutin.

Écouter l'audio 08:13

"Le régime exerce des pressions importantes sur les deux organes chargés de l’organisation des élections" (Chloé Josse-Durand)

L’audience de la Cour suprême n’a pas pu se tenir, car le quorum n’était pas atteint pour cause d'absence de quatre magistrats. Mardi, une juge a été attaquée. Autant d'accrocs à la justice kenyane de l'avis de Christian Thibon, professeur d'histoire contemporaine à l’Université de Pau et spécialiste du Kenya:

"Elle a participé à ouvrir la crise. Mais, elle n’est  pas maîtresse de la situation. Elle participe à la situation dans le jeu politique, d’une façon secondaire. Les principaux acteurs de la crise actuelle sont les leaders politiques, et en fin de compte, ce sont eux qui déterminent l’évolution de la situation."

Selon Chloé Josse-Durand, pensionnaire scientifique à l'Institut Français de Recherche en Afrique à Nairobi, "on assiste assez clairement à une radicalisation  du régime qui montre  de plus en plus sa tendance autoritaire avec cette insulte aux juges de la part de Uhuru Keynatta qui a également dit qu’une fois réélu, il ferait le ménage dans les institutions kenyanes, notamment la Cour suprême." 

La chercheuse associée à "Les Afriques dans le Monde(LAM), Institut d'Etudes Politiques de Bordeaux cite d'autres exemples. "On a aussi une des principales personnalités de la Commission électorale, madame Akumbé qui a annoncé sa démission il y a quelques jours. Des puissances hauts placées dans le régime exercent des pressions importantes sur les deux organes principaux chargés de l’organisation des élections : la commission électorale et la Cour suprême", a t-elle conclu.

L'appel d’Uhuru Kenyatta

Pour sa part, le président  sortant, Uhuru Kenyatta, a appelé ses concitoyens à "faire prévaloir la paix lors de l'exercice de notre droit constitutionnel de choisir" le futur président.

Dans la matinée, le président de l'IEBC, la Commission électorale, avait confirmé l'organisation de ce scrutin. Pourtant, Wafula Chebukati avait émis de sérieux doutes la semaine dernière sur la possibilité d'organiser une élection présidentielle crédible. Avant de s'en remettre aux assurances données par les autorités politiques, au premier rang desquelles le président Uhuru Kenyatta, pour garantir la sécurité de tous et les "progrès" réalisés selon lui au sein de l'IEBC. 

Raila Odinga, droit dans ses bottes

Face à six autres petits candidats, le président sortant Uhuru Kenyatta est assuré de remporter le scrutin du 26 octobre 2017.

Raila Odinga a appelé ses partisans à rester à la maison le 26 octobre 2017.

L’opposant, Raila Odinga qui est arrivé deuxième lors du premier scrutin, a réitéré son appel au boycott du vote de demain.  "Que faisons-nous demain? Ne participez en aucun cas à cette parodie d'élection, convainquez vos amis et vos voisins de ne pas participer", a t-il déclaré devant ses partisans, lors d'un grand rassemblement dans un parc du centre de Nairobi, la capitale. "Tenez des veillées et des prières à l'écart des bureaux de vote ou restez chez vous", a ajouté l'opposant.

Dans ce climat empreint d’incertitude, tous les yeux seront rivés sur le taux de participation demain. Les Kenyans vont-ils obéir au mot d’ordre de boycott lancé par l’opposant Raila Odinga ?

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