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Afrique

Kémi Séba relaxé

Le polémiste français Kémi Séba a été acquitté le 29 août par un tribunal de Dakar, où il était poursuivi pour avoir brûlé un billet de 5.000 francs CFA lors d'une manifestation contre la "Françafrique".

Écouter l'audio 04:18

"J’aurais préféré que ce soit le Sénégal qui porte plainte et non pas la BCEAO directement" (Victor Prudent Topanou)

A l'issue de plus de deux heures de débats, le président du tribunal des flagrants délits de Dakar a prononcé la relaxe de Kémi Séba. Le parquet avait réclamé une peine de trois mois de prison avec sursis alors que Semi Keba encourait 5 à 10 ans de prison ferme.


Le polémiste, qui réside au Sénégal et s'est présenté comme "chroniqueur politique", était poursuivi sur la base d'une plainte de la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest (BCEAO), dont le siège est à Dakar, et qui réclamait pour sa part un franc symbolique en guise de dommages et intérêt.


Kémi Séba, en détention préventive depuis son arrestation à Dakar le 25 août, a revendiqué devant le tribunal un acte "symbolique". 

 

 "L'objet de la manifestation était d'exposer les méfaits de la Françafrique", a-t-il dit, se comparant à la militante américaine des droits civiques Rosa Parks.

 


Une centaine de ses partisans, évacués de la salle d'audience pour avoir applaudi une intervention de Semi Keba, ont bruyamment salué l'annonce de la relaxe, scandant des slogans comme "A bas la Françafrique", "A bas le CFA".

 

Plusieurs fois condamné en France au  début des années 2000, Kémi Séba est  accusé de tenir des discours  racistes, anti-français et d’être proche de l’extrême-droite française.

 

Avant d’aller s’installer au Sénégal en 2011, Kémi Séba a fondé Tribu Ka, un groupuscule suprémaciste dissout en 2006 par les autorités françaises pour antisémitisme et incitation à la haine raciale,

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Les réseaux sociaux et Kémi Séba

 

Depuis son arrestation, l’affaire Kémi Séba n'a cessé d'inonder les réseaux sociaux. Beaucoup d’internautes le considèrent comme l’icône de la contestation du franc CFA. 

 

Celui-ci bénéficie du soutien d’activistes africains dont certains d’entre étaient présents à ses côtés lors de sa comparution au  tribunal de Dakar.

 

Pour Guy Marius Sagna, coordonnateur de la Coalition Nationale Non aux APE et au Franc CFA, "l’acte d’un Kémi Séba​​​​​​​ brûlant le FCFA est comparable à l’acte d’un Nelson Mandela, un acte tout aussi illégal, brûlant en pleine période d’apartheid son passeport. C’est comparable aussi à l’acte d’un Muhammad Ali, qui en pleine guerre du Vietnam refuse d’incorporer l’armée américaine pour aller se battre au Vietnam."

 

" C’est un acte  tout aussi illégal qu’une Rosa Parks s’asseyant dans un bus, dans une colonne qui est réservé à des blancs et non à des noirs comme elle", ajoute Guy Marius Sagna. " Je rappelle que l’esclavage était légal, l’apartheid  était légal, la colonisation était légale. Que valent ces légalités là. Justement le FCFA, c’est le Franc de l’oppression. Kémi Séba a posé un acte pour susciter un débat."  

 

Bataille juridique

 

Contacté avant la relaxe de Kémi Séba, Victor Prudent Topanou, professeur de droit à l’Université d’Abomey-Calavi au Bénin, a expliqué que cette affaire est aussi une véritable bataille juridique.

 

"Une fois que ce constat est fait, il faut bien se souvenir de l’historique de cette disposition de la loi  Sénégalaise", explique-t-il. "C’est une vieille disposition de la loi française qui a été reprise dans le droit sénégalais. Mais en France elle-même, donc l’origine de cette disposition, cette infraction n’est pas un délit. Aujourd’hui, puisque des décisions du Conseil d’Etat et de la cour de cassation sont intervenues entre temps en 1975 ou 1976. C’est pour  rappeler que de toutes les façons, si  la monnaie est  une propriété de la BCEAO, le billet appartient à l’individu qui l’a."

 

 

"La BCEAO commet une grosse erreur en portant plainte dans la mesure ou elle est une institution qui a juridiction sur huit pays et que tous les huit pays n’ont pas cette disposition là dans leur droit interne. Ce n’est donc pas une loi commune à la BCEAO, ajoute Victor Prudent Topanou. "A partir de ce moment, la BCEAO aura des difficultés dans les pays ou ces dispositions ne sont pas appliquées, pour  pouvoir  faire respecter ces billets. C’est là ou moi, je trouve la faille de cette plainte. J’aurai encore préféré que ce soit le Sénégal, le ministre de l’économie et des Finances sous l’influence de la BCEAO, qui porte plainte et non pas la BCEAO directement."

 

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