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Afrique

Justice : L'Afrique du Sud quitte la CPI

Après le Burundi, il y a quelques jours, c’est au tour de l’Afrique du Sud de se retirer de la Cour pénale internationale. L'ONU a confirmé avoir reçu la notification de ce retrait.

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"Les crimes restent toujours des crimes et on n'est pas épargné que l'on soit dans la CPI ou pas" (Martin Oloo, avocat kényan et militant des droits de l'Homme)

L’Afrique du Sud a annoncé le vendredi 21 octobre son retrait de la Cour pénale internationale (CPI). Une décision que le pays justifie par l’incompatibilité entre ses ''obligations en matière de résolution pacifique des conflits'' et celles de la CPI. Cette décision intervient un an après que l'Afrique du Sud a menacé de se retirer.

Cependant, l’analyste politique Ralph Matekhga considère la décision de son pays comme une trahison au vu de son histoire. ''L’Afrique du Sud s’est constituée par la solidarité de la communauté internationale contre l’Apartheid et les injustices. Le fait donc de se retirer de cet instrument important équivaut à une trahison pour l’histoire du pays. C'est aussi une trahison pour Nelson Mandela et sa vision d’intégrer l’Afrique du Sud au sein de la communauté internationale sur les principes du respect des droits de l’homme, de la responsabilité et la dignité'', dit-il.  

 

Sudans Präsident Omar Hassan el Bashir, Porträt (dpa)

Le chef d'Etat soudanais est accusé par la justice internationale de crimes contre l'humanité et génocide

En 2015, l’Afrique du Sud a créé la polémique en refusant d’exécuter le mandat d’arrêt international contre le président soudanais Omar el- Béchir, qui séjournait dans le pays à l’occasion d’un sommet de l’Union africaine. Pour beaucoup d’observateurs, le retrait de la CPI pourrait conduire à l’impunité dans de nombreux pays.

Martin Oloo, Avocat kényan et militant des droits de l'homme, estime pour sa part  que le retrait d'un pays de la CPI n’octroie pas un permis de tuer. ''Se retirer de la CPI ou ne pas y adhérer n’est pas une licence pour commettre des crimes. Cela ne donne pas non plus le droit d’assassiner. Rappelons par exemple que le Soudan n’a pas ratifié le statut de Rome instituant la CPI, mais cela n’empêche pas que son président soit poursuivi. Les crimes restent toujours des crimes et on n’est pas épargné que l’on soit dans la CPI ou pas'', affirme-t-il. Pour l'Ong Human Rights Watch, le retrait de l’Afrique du Sud dénote d’un ‘‘mépris pour la justice‘‘.

Depuis son entrée en fonction en 2003, la Cour pénale internationale a enquêté dans dix pays, dont neuf en Afrique.  Une situation qualifiée de ''chasse raciale'' par l’Union africaine. Le retrait d'un pays suit un processus qui dure un an après la notification à l'ONU.

  

 

 

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